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Chers amis

Mon tout nouveau site www.annouchkagravelgalouchko.com contient un blogue que dorénavant j'utiliserai pour partager ma vie artistique avec vous. Je vous invite donc à m'y suivre.

Ce blogue-ci servira uniquement à commenter mes activités de médiation culturelle avec les partenaires institutionnels.

lundi 27 février 2012

Réponses aux universitaires de Winnipeg

J'ai reçu récemment un courriel de quatre étudiants de l'université de Winnipeg me demandant de répondre à quelques questions au sujet des illustrations d'un album jeunesse, The Nutmeg Princess, sa version en français étant intitulée, Le mystère de l'île aux épices.

Voici la mise en contexte du projet et les questions posées par les étudiants.

We are a group of students at the University of Winnipeg. We are doing a project on the children's book that you illustrated, "The Nutmeg Princess" and were wondering if you would be willing to answer a few questions regarding the illustrations. If you would be willing to help us out we would be really appreciative. The project is for an English course where we are analyzying/examining a literary text from a particular theoretical orientation. In this case, we are looking at the text from a Phenomenological theory.

Le projet en question est inscrit dans le cadre d’un cours de littérature anglaise à l'Université de Winnipeg dans lequel les étudiants à partir d’un texte littéraire, en font l’analyse utilisant une orientation théorique particulière. Dans ce cas il s'agit de la théorie phénoménologique.



Le Mystère de l’île aux épices, The Nutmeg Princess
Annick-Press, Toronto, Canada, 1992. Ce livre a été également traduit en espagnol, puis en chinois en 1996 par la maison d’édition Chinese Christian Literature Concil.

1. Avais-tu déjà dans ton expression picturale, cet univers onirique et fantaisiste que tu aurais accordé à celui de l’auteur? As-tu enrichi l’histoire de ton imaginaire et de quelle façon?
2. Y avait-il un lien quelconque entre ce texte et ton histoire personnelle?
3. Crois-tu que tes illustrations renforcent le sens de l’histoire?
Peux-tu nous donner un exemple?
4. As-tu beaucoup communiqué avec l’auteur avant de te mettre au travail?
5. As- tu des comptes rendus ou critiques à propos de ce livre de disponibles?

1. Besides the actual story, did you have any specific inspirations behind the illustrations/type of illustration style (whimsical fantasy approach) that you used?
2. Did you have any connections to the story?
3. How do you think the illustrations help strenghten the storyline? Any specific images?
4. Did you communicate a lot with the author regarding the illustrations?
5. Do you know of any (or where we could find any) reviews or critical analysis' done on the book?

Any information you can provide would be awesome!

Réponses aux étudiants de l’Université de Winnipeg

Chers Brianne, Bryna, Bjorn and Bret, (Les 4 B!)
Tout d'abord, je voudrais vous remercier de l’intérêt que vous portez au livre de Richardo Keens-Douglas que j’ai illustré. L’eau a coulé sous les ponts depuis sa sortie en 1992 et je suis heureuse de penser qu’après tant d’années, il soit encore vivant entre vos mains!

Issue d'un métissage culturel (père né en France de parents russes et mère née en Saskatchewan de parents Québécois) et ayant vécu et voyagé depuis ma plus tendre enfance dans plusieurs pays (trois ans en Égypte, trois ans en Iran, un an au Mexique, un an en France et deux ans en Autriche), j'ai côtoyé différentes cultures. Ainsi, mon vécu et ma double origine ont enrichi et complexifié mon identité culturelle. À mon insu et au fond de moi s'est créé un amalgame de toutes ces influences que je retrouve par un effet de miroir dans mes oeuvres. J'élabore ma propre mythologie à partir de toutes ces civilisations qui m'ont traversée et que j'ai traversées. Faisant partie de mon vécu passé non intellectualisé d'enfant et d'adolescente, ces multiples impressions que je recrée encore spontanément dans mon travail, ont été reçues en toute sensibilité et sensualité, pour le meilleur et pour le pire. Petite, je me sentais déjà étrangère et familière à plusieurs cultures, immergée, mais aussi souvent déracinée dans de nouveaux espaces sociaux culturels auxquels je devais rapidement m'adapter : j'absorbais et assimilais leurs influences comme le fait, en toute innocence, un enfant impressionnable.

j'ai hérité de mes parents un riche bagage culturel, la passion des voyages et une curiosité insatiable pour les cultures du monde. Avec l'âge, une certaine distance critique face aux traditions de ces différents pays s'est naturellement créée; mais en même temps demeure toujours profondément ancrée en moi, une sensation que toutes ces cultures sont aussi les miennes. C'est pour cela que l'on peut faire appel à moi pour illustrer des textes qui parlent "de l'autre en moi-même, pour illustrer les parfums du monde du Mystère de l'île aux Épices, dont les dessins et les couleurs prennent une vibration des Caraïbes, Mala, un conte du folklore de l'Inde, ou The Birdman, une histoire véridique s'étant passée à Kolkota que j’ai illustrée avec mon compagnon de vie, Stéphan Daigle, ou encore, mon propre texte Shô et les dragons d'eau dont les illustrations prennent un accent de finesse de l'art japonais.

Le mystère de l'île aux épices a été le premier album publié que j’ai illustré. Dès le début, j’ai senti une connexion spirituelle avec le récit et avec l'auteur. Le texte m’a tout de suite envoûté. En me branchant profondément sur l'histoire, inconsciemment, la vie et l'enfance de l'auteur à Grenade se sont ouvertes à moi.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Le mystère de l'Île aux épices, Annick-Press, Toronto

Aussi loin que je m’en souvienne, le monde onirique et fantaisiste a fait partie de ma psyché, s’exprimant dans mon travail visuel et celui de l’écriture. Je suis d'un tempérament rêveur et contemplatif et j’ai toujours été sensible à la beauté de la nature. Enfant, la vue de la destruction de Dame-Nature pouvait me bouleverser; et encore aujourd'hui. Habitée aussi par une forme de nostalgie d’un paradis perdu qui, par moments, me hante encore : j'ai besoin de le manifester dans mon art. À mon insu, mon héritage familial paternel russe m’a probablement imprégné de nostalgie : ma famille russe étant fortement marquée par les horreurs de la révolution russe, la perte du domaine ancestral et par l’exil. J’aimais profondément mes grands-parents.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album, Le jardin de Monsieur Préfontaine, éditions Les 400 coups, Montréal


Mais on avait beau vouloir assécher la fontaine, elle chantait tout de même. Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album, Le jardin de Monsieur Préfontaine, éditions Les 400 coups, Montréal

Je suis moi-même auteure. Au tout début des années 1980, isolée dans un village en Gaspésie, j’ai peint les premières images et amorcé l’écriture d’un de mes futurs albums, Le jardin de Monsieur Préfontaine. Le livre parle de la blessure laissée par la perte du paradis. Après avoir perdu la fortune reçue en héritage qui lui permettait d’entretenir un domaine de beauté, Monsieur Préfontaine est obligé de trouver en lui-même les ressources pour le faire renaître. Il doit retrouver au cœur même de l’être, le jardin intérieur immortel et indestructible.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album, Le jardin de Monsieur Préfontaine, éditions Les 400 coups, Montréal

Au début des années 90, je suis partie en Italie à la foire de Bologne, emportant avec moi le texte et les grandes illustrations de ce projet, dans l’espoir qu’il soit publié.

À mon retour à Montréal, mon premier album à illustrer m’attendait officiellement. Il s’agissait du livre Le mystère de l’île aux épices qui sera un succès international. Le jardin de Monsieur Préfontaine sera publié quelques années plus tard, en 1997.

Un univers commun nous a reliés, Richardo et moi. Je me suis tout de suite réjoui en lisant son texte qui parle de façon enchanteresse du petit coin de paradis d’où il vient : Grenade, qu’on appelle aussi, par la richesse des variétés de ses arbres à épices, l’Île aux Épices. L’auteur nous entraîne dans une réflexion sur la générosité et la compassion en encourageant le développement de ces essentielles qualités de coeur.

Aglo, un gamin sensible et ouvert, se lie d’amitié avec une vieille dame farouche qui lui fait découvrir un monde de don et de beauté. Pétale, son amie, communie à celle-ci par sa générosité d’âme. Aglo et Pétale font la découverte de la beauté à travers leurs cœurs : cette beauté qui est au-delà des apparences. Je crois que Richardo, en écrivant et en contant cette histoire, s’est découvert la mission de protéger son petit coin de pays pour le bien de tous. L'auteur est d'ailleurs retourné vivre sur son île après un long séjour au Canada.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Le mystère de l'Île aux épices, Annick-Press, Toronto

Les illustrations que j’ai créées pour Le mystère de l’île aux épices sont nées dans la continuité stylistique de mon travail qui est de nature onirique, fantaisiste et symbolique. Je personnifie souvent la nature et les objets. Je prends plaisir à donner une allure humaine et fantaisiste à mes arbres, pierres ou objets. Mon inspiration me vient d'une vision que j'ai du monde. J'ai la profonde intuition que nous ne sommes pas séparés de toutes les formes de vie et qu'une même essence indestructible nous relie.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album, Le jardin de Monsieur Préfontaine, éditions Les 400 coups, Montréal

Dans mes illustrations, l'arbre peut marcher, la montagne observer les événements autour d'elle. Une maison habitée par des gens malheureux peut pleurer. Je projette des sentiments humains dans la nature ou les objets que je revêts parfois d’inquiétude, si celle-ci est menacée. C'est le monde de l'enfance où l'on projette ses propres sentiments sur le monde qui nous entoure. Mais c'est aussi une expression de la connaissance intuitive de l'interrelation de toutes choses. Cette intuition nous dit que nous pouvons communier avec toutes les manifestations de la nature et les affecter positivement ou négativement.

Dans Le mystère de l’île aux épices, mes illustrations témoignent de l’omniprésence de Dame Nature. Elle est généreuse et spontanée. Sa bonté émet naturellement de la lumière et de la chaleur. C’est sa nature même d’être ainsi et elle n’a pas besoin de fournir d’efforts. Sa beauté est au-delà du mental. Lorsque notre esprit est silencieux, nous pouvons nous fondre en elle, parce que la nature ne rationalise pas et qu’elle n’argumente pas avec nous. Pour bien des gens, la nature reflète de façon plus évidente cette réalité vitale au-delà de nos sens et qui est à l’intérieur de nous-mêmes. Aglo et Pétale, les deux enfants dans l’histoire, sont sensibles à la nature et les yeux de leurs cœurs s’ouvrent à et dans la Présence.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Le mystère de l'Île aux épices, Annick-Press, Toronto

Voir avec les yeux du coeur

L’histoire de Richardo Keens-Douglas est très riche. Je vois cette histoire comme un conte de sagesse. Selon moi, ce qui fait la beauté de ce genre de contes c’est qu’ils s’adressent à tous les âges, s’adaptant à notre perception et à notre compréhension. On voyage dans l’oeuvre et on jouit de son apparence esthétique tout en plongeant dans le domaine subtil des vérités cachées. Les différents niveaux de lecture sont inséparables.

L’auteur et moi, nous nous sommes enrichis mutuellement, nous complétant dans nos expressions. Comme cette histoire possède plusieurs niveaux de lecture, ce fut l’occasion rêvée de m’envoler, comme dans mon enfance sur mon “tapis magique”, faisant apparaître dans les images les terres lumineuses de mon imagination. Le texte m’a amené à illustrer symboliquement l’ouverture des “yeux du coeur” qui est le thème majeur de ce livre.

Le mystère de l’île aux épices est relié au cheminement spirituel que j’ai commencé à entreprendre à cette époque, de façon plus engagée. La création des illustrations du livre a convergé dans le temps avec la rencontre inattendue et inespérée d’un maître zen authentique. J’ai reçu de lui des enseignements spirituels durant plusieurs années. Pour moi, deux cadeaux apaisants et comblant de la Vie m’étaient offerts : celui d’être enfin publiée par une bonne maison d’édition et soutenue par une éditrice merveilleuse croyant en moi et celui d’être guidé spirituellement par un être remarquable. Je n’ai pu faire autrement que de projeter à travers mes images, ma foi, mon bonheur et ma gratitude envers la Vie.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Le mystère de l'Île aux épices, Annick-Press, Toronto. Un lac sans fond au beau milieu d'un volcan qu'on tente de mesurer rationnellement pour en trouver le fond insondable.

Un jour, mon maître zen m’a dit cette phrase saisissante : “La nature n’en a rien à faire de toi!” Sur le coup, sa remarque m'a frustrée, "moi " qui aime tant la nature! J'ai compris par la suite qu’il voulait me pousser hors des limites de l’ego qui s'imagine une entité séparé et autonome; que je ressente plus profondément notre rapport réel à la nature et à la nature de notre existence qui est interdépendante et inter-reliée avec TOUS les êtres; que je connaisse un jour notre "vraie nature", commune à tous.

"Notre vraie nature" est indestructible, l’essence de Dame Nature est indestructible. C’est ce que j’ai tenté d’exprimer dans Le mystère de l’île aux épices, cette vérité au-delà des apparences exprimée si joliment dans le texte.

Avant de se mettre au travail, on peut s’incliner devant notre tâche à accomplir, se rappelant ainsi que l’on est UN avec celui-ci. Le travail entrepris avec la motivation intérieure de s’ouvrir les yeux du coeur peut ressembler à une prière offerte pour notre propre bien et pour le bien de tous. Si nous mettons tout notre cœur à l’ouvrage, peut-être qu’un jour nous ne pourrons faire autrement que de vivre dans la conscience de "notre vraie nature"?

J’ai renforcé par mes images le sens de l’histoire de Richardo en y faisant ressortir la beauté de son aspect spirituel. La manière dont j’ai travaillé en ayant recours à l’univers allégorique des signes et des symboles a été intuitive. Je me suis laissé guider par l’inspiration. Avec la distance et les questions pertinentes que vous me posez aujourd’hui, je réalise combien j’ai été profondément connectée à une forme de connaissance universelle venant des profondeurs de ma psyché. Aussi, en me penchant à nouveau sur ce livre publié il y a 20 ans déjà, et grâce à vos questions, je m’aperçois que ma compréhension du texte et des images se révèlent aujourd’hui sous un nouveau jour, plus consciemment. Vous me poussez à réexaminer mes motivations intérieures quant au travail de création.

Je considère le véritable travail de création comme un moyen de connaissance de Soi. "L’inconscient n’est pas scientifique, il est artistique!" disait Alejandro Jodorowsky. Toute la Vie est création, tout ce qui se manifeste est une création de l’esprit. Le pouvoir de l’imagination et de la visualisation est immense, partant continuellement de l’intérieur pour de manifester à l’extérieur.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Le mystère de l'Île aux épices, Annick-Press, Toronto

Nous pouvons tous devenir le héros de notre propre légende et l’art est un moyen formidable pour y parvenir! En fait, j’ai transposé, dans les héros de Richardo, mon rêve de perfection, ma quête spirituelle et mon grand désir de voir avec les yeux du coeur, ce qui implique le renoncement des attachements et des valeurs égocentriques.

Exemples d’images exprimant symboliquement le sens des vérités caché ou invisible dans l’histoire
Tout à coup, la princesse remua ses cheveux et tous les diamants de rosée se répandirent sur le lac. C’était comme si le ciel s’ouvrait pour laisser s’échapper des millions d’étoiles. Un des diamants se posa au milieu du front de Pétale, elle leva les yeux et, à son tour, vit la Princesse Muscade.
Je peux la voir, Aglo. Je peux la voir!”
 “Tu n’es pas égoïste, dit la Princesse. Tu n’as pas pensé qu’à toi, mais plutôt à l’amour que tu portes à ton ami et tu l’as sauvé. Répands cet amour dans le monde. Va maintenant, poursuis tes rêves et si tu crois en toi, tout est possible.


Et elle disparut.

Je vois ici la princesse Muscade comme étant une émanation intelligente de la Vie, une présence très subtile d’amour et de compassion qui apparaît sous la forme d’une princesse habillée en bleu clair. Elle n’apparaît qu’aux personnes qui ne sont pas pétrifiées dans la rationalité, celles qui ne sont pas obnubilées par les valeurs matérielles et qui peuvent encore témoigner de la compassion. Beaucoup d’habitants vivant dans cette île paradisiaque sont pris dans le piège de l'apparence de la séparation et dans la croyance que la sécurité est dans les valeurs matérielles. Dans l'image ci-dessous les habitants ne voient qu'un radeau. Ils plongent aveuglément à l'eau croyant qu'ils trouveront peut-être des diamants sur le radeau.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Le mystère de l'Île aux épices, Annick-Press, Toronto

La princesse Muscade intervient en apparaissant au garçon (Aglo)
puis à la fillette (Pétale) dans le but d'encourager les valeurs du coeur. Il lui fallait protéger, de l'ignorance destructrice et aveugle, le capital de beauté et de générosité de la nature.

Dans cette vignette, j’ai illustré de façon très accessible et littérale le diamant se posant au milieu du front de Pétale (le troisième oeil, ou oeil intérieur, qui donne accès à la vision au-delà des apparences), ce qui permet au lecteur de mieux s’abandonner à l’image principale qui est plus imaginative et allégorique.



Pour que Pétale puisse voir la Princesse Muscade, il fallait que celle-ci soit d’abord en elle!

L’image illustre une expérience d’illumination racontée aux enfants dans le texte : Pétale, soudainement peut voir la princesse au-delà des apparences physiques. Elle fait alors partie de son grand corps connaissant!

L’image de la princesse Muscade est une sorte d’autoportrait idéalisé dans lequel les polarités masculine (Aglo) et féminine (Pétale) se rencontrent en une même personne.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Le mystère de l'Île aux épices, Annick-Press, Toronto

Dans le visage de la princesse Muscade, Aglo et Pétale partagent le fruit de la connaissance (la princesse n’apparaît que lorsque la noix de la muscade est prête à être cueillie); le fruit sensuel, au milieu du front de la princesse, symbolise le troisième oeil, celui de la connaissance où le sujet connaissant (Pétale) et l'objet à connaître (la princesse Muscade) se confondent à la fois en un tout et en interdépendance. Pétale peut voir la princesse tout en faisant partie d’elle. Toutes deux ont des fonctions différentes tout en ayant la même essence.

Image de Petite Mama-Arbre

Je laisse tous mes biens à Pétale Cape et à Marcus parce que je sais dans mon coeur qu’avec eux mes arbres vont continuer à porter des fruits et mes muscadiers à croître pour des générations à venir.

On reconnaît l’arbre à ses fruits. Les enfants ont la maturité spirituelle nécessaire pour prendre soin des arbres qui continueront à porter des fruits pour des générations à venir. Aglo et Pétale s’amusent ici dans l’arbre “Petite Mama”. Ils grimpent dans une échelle (symbolisant l’élévation spirituelle) pour atteindre le coeur de l’arbre renfermant un espace infini et paisible. Ils explorent joyeusement cet espace, le coeur de la Vacuité, apprenant comment fonctionne leur propre Coeur-Esprit. Petite Maman, selon moi, est un autre aspect de la Princesse Muscade, émanée par l’intelligence de la Vie et servant de guidance aux enfants.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Le mystère de l'Île aux épices, Annick-Press, Toronto

Et aujourd’hui, grâce au dur labeur de Pétale et de Aglo, la muscade est la plus précieuse récolte de cette île des Caraïbes, l’Île aux épices.

Jusqu’à ce jour, personne n’a revu la Princesse Muscade ou Petite Mama.



Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Le mystère de l'Île aux épices, Annick-Press, Toronto

Cette image illustre et symbolise le corps cosmique, omniprésent et éternel, imaginée sous la forme de la Princesse Muscade. La teinte bleutée et translucide de son Corps-Esprit sans frontières symbolise la vacuité d’où émergent toutes les formes. Le diamant au milieu de son front symbolise qu’elle est omnisciente : la Princesse voit tous les phénomènes dans l’univers entier tout en veillant tendrement sur l’île aux épices qu’elle tient précieusement dans la paume de sa main, comme un joyau.

Dans mon image, La Princesse cosmique devient le refuge des habitants de l’Île aux Épices. Sa nature est amour lumineux, symbolisée ici par le soleil incandescent réchauffant les êtres. Sa nature est aussi calme et apaisement, symbolisée par les gammes des bleus du ciel, de la mer et des sources manifestées dans son grand corps. On peut voir aussi en elle, les habitants de l’Île aux Épices, naître, grandir, vieillir puis mourir. C’est du Coeur de la Princesse, la source de la Vacuité, que les êtres naissent et à la fin de leur vie y retournent. C’est leur propre esprit! On sent dans l’image le mouvement éternel du cycle des naissances et des morts. Le corps de la Princesse est aussi un paradis, une Terre devenue pure grâce au dur labeur de Pétale et de Aglo.

Richardo vivait à ce moment-là à Toronto et moi à Montréal. Nous ne nous sommes ni vus, ni n'avons échangés grand-chose comme paroles, moi, parlant l’anglais comme “une vache espagnole” et lui, encore moins bien le français! En fait, nous n’avons pas ressenti le besoin de nous parler. Notre éditrice, Anne Mylliard faisait le pont entre nous et nous lui faisions confiance.

Pour illustrer son livre, j'ai honoré mes sens, remplissant mes yeux et mon coeur de nombreuses visites au jardins botanique de Montréal dans ses serres tropicales voluptueuses, également de photos des Caraïbes, les oreilles de musique créole, les narines, papilles gustatives et le corps de mets épicés en expérimentant de nouvelles recettes de cuisine! Mes expériences de voyage ont naturellement beaucoup aidé...

Lorsque l'auteur, Richardo Keens-Douglas a vu les tableaux enfin terminés, il en a pleuré d'émotion en me disant que c'était comme chez lui, dans son île aux épices! Nous nous sommes serrés très fort dans les bras.

Les critiques, en parlant des illustrations nées de cette aventure créatrice ont dit qu’elles étaient colorées, multisensorielles, mystiques et complexes, tout en proposant de multiples niveaux de lectures et de compréhension.

Il n’y a de cela quelques années, par l'entremise de Richardo Keens-Douglas, Stéphan Daigle, mon compagnon illustrateur et moi avons eu un contrat pour illustrer l'emballage d'une tablette de chocolat de la Granada Chocolate Factory qui devait s’inspirer de l’esprit du Mystère de l’île aux épices. Cette toute petite compagnie est une coopérative écologique qui a été bâtie dans l'esprit même véhiculé dans le conte Le mystère de l'Île aux Épices.


illustration de Annouchka Gravel Galouchko et de Stéphan Daigle

L'illustration, pour moi, c'est coucher sur le papier la beauté de la psyché. L'illustration, pour moi, c'est ouvrir grand les yeux sur ce qui n'apparaît pas au premier regard. L'illustration, pour moi, c'est aussi sublimer et colorer mes expériences en une forme symbolique.

La plus grande joie pour un artiste au tempérament contemplatif est d’insuffler dans son travail une vibration, un mystère insaisissable témoignant d’une réalité vitale passant par la porte des sens, au delà des sens. Cette beauté est le reflet, dans le lecteur ou le spectateur, de son propre frémissement.

Je souhaite, comme bien des artistes, que les livres que j’illustre ou écris aient une longue vie et deviennent des classiques " portant des fruits pour les générations à venir". Le rôle de l'artiste, selon moi, est de mettre au monde d'autres rêves de beauté qui inspireront d'autres êtres sur la voie sensible de la création.

Et l'artiste doit apprendre à le faire, de façon consciente et altruiste, ce qui ne va pas de soi, si on ne se reconnaît pas dans le SOI.

lundi 23 janvier 2012

Photo de la grande parade citoyenne de Vaudreuil-Dorion du 23 juin 2011

Concept du tableau L'ARBRE EN SOI, chapeauté par Annouchka Gravel Galouchko jumelant la Société de généalogie de Vaudreuil-Cavagnal et la Maison Félix-Leclerc. Pour mieux comprendre l'esprit de ce projet rassembleur, cliquer sur le lien ci-dessous :
MOSAÏK


Le défilé des citoyens de Vaudreuil-Dorion. Photo crédit de Pascale Lévesque.

Cette merveilleuse et surprenante photo prise par Pascale Lévesque se retrouve dans le calendrier 2012 de la Ville de Vaudreuil-Dorion envoyé à tous ses citoyens par la poste. Prise lors des festivités de la Saint-Jean-Baptiste et du festival du cirque de Vaudreuil-Dorion, elle représente un des 12 tableaux de la grande parade citoyenne. Ce défilé des citoyens qui reprendra son exaltante marche à la Saint-Jean l'été prochain, a été crée dans le cadre d'un grand projet de médiation culturelle, JE SUIS, dont le père spirituel est Michel Vallée.

Si vous observez bien cette image, on peut s'imaginer que les marionnettes géantes (fournies par le festival du Cirque de Vaudreuil-Dorion) de moines tibétains manipulent les marcheurs, ou inversement. Les bras des marcheurs et des marionnettes se confondent.

vendredi 25 novembre 2011

Réponses aux enfants en Angleterre




École St. Teresa's Catholic Primary School à Ashford, dans le Kent, dans le sud-est de l'Angleterre

Voici une lettre que j'ai reçue il y a quelques temps et à laquelle j'ai répondu cette semaine.

Bonjour Annouchka,

Je suis française et j’habite en Angleterre depuis 19 ans! Mon français n’est plus aussi bon!

Ce mois-ci je dois enseigner sur un livre d’une autre culture et j’ai choisi votre livre pour Shô et les dragons d'eau pour plusieurs raisons. J’aime l’histoire de cette fille qui va travailler pour aider sa famille, qui est humble, mais qui a ce pouvoir d’influencer la nature. J’aime beaucoup la fin avec les cerfs-volants. Et aussi j’adore les illustrations. Vous avez beaucoup de talent. Je pense que les enfants vont beaucoup aimer ce livre.



Nous allons étudier votre livre pendant presque 4 semaines en anglais, en dessin, en religion, en informatique et on va aussi faire des cerfs-volants. Je dois vous dire que j’enseigne dans une école catholique mais avec une grande ouverture sur le monde qui nous entoure. Il y a des enfants de beaucoup d’origines différentes. C’est fantastique!

Je vais vous contacter dans deux ou trois semaines…

En attendant… Bonne inspiration et bonne peinture!

Nathalie Hockey



Chère Grace, chère Jiselle, cher Kerilik, chère Olivia, chère Rachel, cher Abraham, chère Ellie, cher Thomas,

Tout d’abord, je voudrais m’excuser de ne pas avoir répondu plus tôt à vos lettres. Mon vieux père que j’adorais et qui était très malade est décédé dans la même période où j'ai reçu votre envoi. J’ai perdu le fil du temps, absorbée que j’étais par la perte de cet être si cher.

Les questions des enfants

Étais-tu heureuse lorsque tu as terminé le livre Shô et les dragons d'eau?
Combien de temps cela t’a pris pour faire ton livre?
D’où te vient ton inspiration pour cette histoire? Et pourquoi se situe-t-elle au Japon?
As-tu écrit d’autres histoires?
En regardant vos illustrations, je ne me trouve pas à la hauteur, je n’ai pas vraiment de style.
Vas-tu écrire une suite à Shô?
Es-tu satisfaite de ton livre et comment te sont venus les personnages? Les images?
Aurais-tu changé certaines choses dans Shô une fois le livre terminé ou en es-tu satisfaite pleinement?
Est-ce que tu t’es laissé guider par les couleurs en jouant de ton pinceau ou avais-tu une idée dans ta tête qui t’inspirait?
Saviez-vous que le mot Shô signifiait voler (comme une mouche)?
Est-ce difficile de créer des personnages ou de personnaliser des objets?
Est-ce que la suite de Shô va être encore plus active, plus intense?
Est-ce que Shô est le sommet de ta carrière?
Est-ce que cela a été plaisant de créer ce livre?
Qu’est-ce qui t’a donné l’idée de donner à Shô « un don précieux »?
Pourquoi l’as-tu nommé « Shô »?

Pourquoi as-tu pensé aux « trois conditions »?
Qu’aurais-tu fait si tu n’avais pas été auteure?
D’où t’es venu le titre de « Shô et les dragons d’eau »?
Quand as-tu commencé à écrire? Avais-tu fait des illustrations pour ce premier texte?
Comment se sent-on quand on est la fois auteure et illustratrice?

Mes réponses

J’ai été très heureuse durant le long processus de création des images et du texte de Shô et les dragons d’eau et également soulager de terminer enfin ce livre! J’avais le sentiment d’avoir accouché de quelque chose de grand qui m’avait nourri spirituellement et qui allait nourrir également les autres. J’étais heureuse d’avoir cheminé de jour en jour, patiemment, et surtout reconnaissante envers la vie de pouvoir illustrer mon propre texte. Tout en travaillant, je pensais parfois avec tendresse au travail des moines médiévaux peignant avec soin et amour les magnifiques enluminures des manuscrits.

Quand on accouche d’un enfant, on l’accepte tel qu’il est sans vouloir lui changer le nez ou les oreilles! Une fois le livre terminé et publié, l’idée de revenir en arrière pour en changer quelque chose ne m’est pas venue à l’esprit, même si par la suite j’ai trouvé certaines images trop surchargées.

Même si le livre Shô et les dragons d’eau a remporté un grand succès, je n’aime pas à penser qu’il pourrait être le sommet de ma carrière, car de penser ainsi fige le cours des choses. La création est quelque chose de vivant qui se renouvelle, un peu à l’image d’une rivière qui coule et qui n’est jamais la même tout en étant la même. Chaque livre a sa raison d’être et son importance propre. Un album ou un livre ne doit pas nécessairement être comparé à une autre production d’une autre période de sa vie. Pour moi d’ailleurs, la création ne se manifeste pas uniquement dans celles des livres, mais partout au quotidien, dans les petites choses, comme dans les grandes choses. Il y a un très beau proverbe qui dit : Le bonheur, c'est savoir reconnaître la lumière dans toutes les petites et les grandes choses. Lorsque j’oublie cette vérité (et Dieu sait si je l’oublie souvent!) je perds totalement ma sérénité. Les artistes sont continuellement confrontés à devoir faire preuve d’humilité et de patience, confrontés aussi à devoir travailler la plupart du temps dans l’ombre, sans attente de reconnaissance publique, ce qui n’est pas toujours facile. Pourtant ces conditions qui semblent ingrates peuvent être l’occasion pour eux de renforcer leurs esprits et de demeurer intègres.

De même, il ne faut pas se déprécier en se comparant aux autres. Chaque être humain est unique et c’est ce qui fait la richesse et la beauté du monde. Si, par exemple, on a de la difficulté à dessiner ce qu’on imagine, on peut s’aider en s’inspirant du talent des autres et dans cette influence recréer à sa façon des images qui nous ressemblent. Hokusaï, un peintre graveur du 17e siècle a été pour moi un déclencheur d’inspiration graphique pour les illustrations de Shô. J’ai d’ailleurs dédié ce livre à Hokusaï pour l’honorer de son aide et le remercier d’avoir donné à l’humanité un si riche témoignage de la vie rustique au Japon.

L’histoire de Shô et les dragons d’eau est le fruit d’un cheminement spirituel : alors il m'est difficile d’en calculer son temps de création subjectif. En temps concret, le livre a pris environ 9 mois avant d’être mené à son terme (comme un bébé).

J'ai fréquenté durant dix ans un monastère zen qui est de tradition japonaise. Le maître zen du temple Mukiku Zen Ji nous transmit généreusement ces précieux enseignements. Le zazen (méditation) et le samu (travail physique) étaient des composantes de la discipline spirituelle. On peut d’ailleurs voir dans le livre de Shô une illustration où elle ratisse en vaguelettes du sable dans un jardin de roches. C’est là un jardin zen inspiré du monastère Mukiku Zen Ji.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Shô et les dragons d'eau, Annick-Press, Toronto, 1995

Aujourd’hui notre maître zen est décédé, mais ses enseignements se poursuivent par le biais d’un autre canal. C'est donc à cette époque inspirée que j'ai écrit Shô et les dragons d'eau. L’idée du nom Shô m’est venue alors que je lisais un livre pour enfant, un conte japonais s’intitulant La montagne aux chats. Dans cette histoire, la petite fille s’appelait Shô (mis à part le nom Shô, les deux histoires n’ont aucun lien).

Par la suite j’ai appris que le mot Shô avait plusieurs significations dont celle d'illumination spirituelle! Je crois bien qu’inconsciemment j’ai choisi ce nom en résonnance avec la qualité d’illumination qui représente bien mon héroïne. La fillette dans mon histoire est omnisciente, c’est une sage qui a atteint « l’autre rive ». Cela signifie qu’elle a atteint la compréhension où l'on reconnaît la nature sacrée de toute chose, celle où l'on reconnaît en soi et en chacun notre « vraie nature » ou notre nature éveillée. Shô est pleinement consciente de cette vie éternelle en elle et, parce qu’elle est pleinement consciente aussi que cette vie est la même dans les autres êtres, il lui est facile de les aider. Comme elle voit clair en elle-même : elle voit clair en tous et en toutes les formes de vies. Elle peut donc reconnaître les réels besoins des êtres.

Les trois conditions imposées aux villageois: celle d’arrêter de jeter les cauchemars à la mer, celle d’affronter les démons et celle de partager les fruits de la pêche avec les plus démunis sont les conditions ou les causes non égoïstes qui permettront à de nouvelles situations plus bénéfiques de se manifester. C’est ce qu’on appelle la loi de la cause à effet.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Shô et les dragons d'eau, Annick-Press, Toronto, 1995

Ce n’est pas difficile pour moi de personnaliser des objets pour la simple raison que je prends plaisir à donner une allure humaine et fantaisiste à mes arbres, pierres ou objets. Mon inspiration me vient d'une vision que j'ai du monde : comme quoi, tout est vivant. Dans mes illustrations, l'arbre peut marcher, la montagne observer les événements autour d'elle. Une maison habitée par des gens malheureux peut pleurer. Dans l’histoire de Shô, lorsqu’à nouveau le poisson abondera aux repas dans les foyers, les maisons prendront la forme de poissons. Les cheminées en forme de bouche de poisson laissent s’échapper des fumets de soupe. Celles-ci sont un peu inquiétantes, l’odeur du vieux poisson pouvant être épouvantable. Cela nous rappelle la mauvaise odeur de bouche que l'on peut parfois avoir au petit matin et symbolise dans l’illustration que les gens recommencent à accumuler tranquillement leurs cauchemars dans leurs foyers.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, Le Jardin de Monsieur Préfontaine, éditions Les 400 coups, Montréal


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Shô et les dragons d'eau, Annick-Press, Toronto, 1995

Le titre de Shô et les dragons d’eau, ou plutôt son inspiration m’est venue lors d’un festival de cerfs-volants à Montréal. Il y avait un cerf-volant, à mes yeux très particuliers, qui m'a fait vibrer de la tête au pied! Le cervoliste avait enroulé autour de ses reins une longue corde sur laquelle s'alignait une série d’oiseaux blancs découpés. Les oiseaux enfilés sur la corde et agités par le vent montaient dans le ciel en une file étincelante. J’avais l’impression que chaque oiseau blanc était une vertèbre d’une colonne vertébrale humaine géante tendue vers les hauteurs. Le corps et l’esprit du cervoliste étaient très concentrés. Le cervoliste était solidement ancré dans le sol.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Shô et les dragons d'eau, Annick-Press, Toronto, 1995

À ce moment-là, j'ai senti dans ma colonne vertébrale un flux d’énergie vibrer et s’élever du coccyx vers ma tête. C’était très doux, à l'image d'une brise intérieure se réveillant et s’élevant en moi. Je regardais, un peu ébranlée, le cervoliste très concentré donner la direction à son cerf-volant. Il m’inspirait. Mes pieds prenaient, à son image, racine dans le sol; je ne voulais surtout pas m’envoler à tous les vents et risquer de me casser le nez sur le sol! J’avais la conviction merveilleuse qu’un même vent, ou qu’une même vie, nous animait tous.

Et là, j'ai compris que le feu sacré de l’inspiration, ou qu’un vent subtil, étaient venus me visiter. Je savais qu'une création naîtrait de cette expérience. Dans une des illustrations du livre, on peut voir un portrait de pied de Shô avec une chute d’eau à l’intérieur d’elle qui représente son jardin intérieur. Un pont en arc-en-ciel derrière sa tête traverse le paysage où des bouddhas méditent. Ce pont de lumière symbolise pour moi le pont reliant la terre au ciel, le physique au spirituel, l’harmonie du corps et de l’esprit intégrés.


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Shô et les dragons d'eau, Annick-Press, Toronto, 1995


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Shô et les dragons d'eau, Annick-Press, Toronto, 1995

Par la suite, le titre de Shô et les dragons d’eau s’est révélé à mon esprit tout naturellement. Bien des cerfs-volants prennent la forme de dragons en extrême orient. Le terme de démons intérieurs pour signifier nos peurs, culpabilités et blocages émotionnels est familier dans bien des traditions. Le symbole des dragons dans Shô symbolise les peurs ou démons intérieurs des habitants qui sont refoulés dans la mer (l’inconscient) et qui seront mis à la lumière du soleil (la conscience). Dans cette condition, les dragons pourront s’élever joyeusement vers le ciel. Ainsi, la peur peut être transformée en bonheur et en inspiration créatrice : tout cela n’est-il pas merveilleux et plein d’espoir?


Illustration de ©Annouchka Gravel Galouchko, tirée de l'album jeunesse, Shô et les dragons d'eau, Annick-Press, Toronto, 1995

Enfant, à l’école j’avais de difficulté à comprendre et trouver un quelconque intérêt aux mathématiques, à la géométrie, aux matières requérant une forme de logique cartésienne. J’étais du type rêveur et imaginatif. Par contre en rédaction de textes et en arts plastiques je me sentais enfin chez moi! J’ai encore un vieux texte que j’ai écrit à l’âge de six ans et qui s’intitule La guerre des microbes. L’histoire se passe dans le ventre d’une dame. Cela serait amusant qu'un jour ce texte soit publié. J’avais illustré mon histoire d’une seule image : l’intérieur du ventre de la dame vue de haut, en coupe transversale. Dans le ventre de la dame, les armées des bons microbes et celles des méchants, divisés en sections, se préparent à s’affronter.

J’ai écrit d’autres livres après Shô. Je vous donne des liens de mon site et si cela vous intéresse vous pourrez y découvrir d’autres histoires. http://www.annouchka.ca/index.php
http://www.annouchka.ca/auteure_sho_plus.php
De voir votre enthousiasme face à des suites illustrées de Shô m'anime! J’ai plein d’idées. Je crois que de faire des suites de Shô sous la forme d'albums illustrés et mettant continuellement cette petite fille comme personnage central au coeur de l'action serait à la fois astucieux et inspirant pour moi.

Le conte Shô et les dragons d'eau met en scène des éléments de ma vie psychique si profonde et si importante que ce récit s'est tout de même poursuivi dans un nouveau texte. Les années ont passé dans mon histoire. Shô, dont on se souvient comme d'un puissant modèle inspirant, n'est plus le personnage principal de l'aventure. Le livre a pris la forme d'un petit roman jeunesse, en format poche, accompagné d'illustrations noir et blanc et titré Les cerfs-volants ensorcelés, publié chez Leméac, au Canada en 2004.

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Ce conte est un hommage au maître zen, maintenant décédé, qui m’a enseigné de tout son être, de toute sa moelle... Le filon intérieur étant très riche, la saga se poursuit (lentement mais sûrement) et prend désormais la forme d'un roman adulte futur dont le titre provisoire est Chimères et papillons.


En guise de témoignage et de reconnaissance à MuKiKu senseï, maitre Zen

Je prépare depuis un certain temps le « terrain » pour qu’il soit propice à l’éclosion fertile de nouveaux textes qui, je l'espère, voyageront dans le monde. Car voyez-vous, les artistes ne sont pas, en général, des personnes qui calculent leur temps; ils ne sont pas très “terre-à-terre” et n’ont pas nécessairement le sens des affaires. Cette faiblesse est pourtant aussi leur force, car ils peuvent rêver la société et la nourrir de leurs visions.


Illustration ©Annouchka Gravel Galouchko tirée du roman jeunesse, Les cerfs-volants ensorcelés, Leméac-Jeunesse, Montréal

Les droits d'auteurs, pour les artistes canadiens, ne sont pas suffisants pour permettre à un auteur ou un illustrateur d'en vivre. Mon compagnon de vie étant également un artiste, un peintre et un illustrateur : nous sommes obligés de trouver d'autres moyens de gagner notre pain.

Nous donnons des ateliers d'art dans les écoles et les bibliothèques, des conférences pour adultes, faisons participer le grand public dans des activités artistiques. Cela témoigne de la diversité des activités auxquelles les artistes doivent donner formes de nos jours au Canada. Cela n'a, d'ailleurs, pas seulement des inconvénients : mais enrichit l'artiste en lui permettant de rencontrer son public à travers des activités ludiques tout en le sortant de son isolement. L'artiste expérimente, par ce type d'activités, plus concrètement son rôle de médiateur et de créateur d'harmonie dans la société.

Certains auteurs et illustrateurs produisent beaucoup plus de livres que moi. Pour ma part, c'est un processus très profond qui me demande un long temps de gestation. Je suis, aussi, d'une nature plus versatile dans ma création.

Si je n'avais pas choisi le métier d'illustratrice ou d'auteure, j'aurais été chanteuse-poète professionnelle. D'ailleurs, en ce moment, je chante (mais non professionnellement) mes poèmes sur de vieux airs russes folkloriques. J'y raconte l'histoire de mes ancêtres russes du côté paternel. En fait, je suis une artiste multidisciplinaire.

Dans le processus de création d’images, je me laisse guider par les couleurs « en jouant avec mon pinceau » tout en maintenant l'idée de base de ce que je veux illustrer. Il s'agit de laisser l’intuition nous guider vers des univers que l’on découvre souvent au fur et à mesure que le pinceau danse sur le papier tout en donnant la direction maîtresse à l’inspiration voyageuse.

La création est un processus individuel. Chacun vit cette expérience d'abandon différemment. Il n'y a pas de recette et on ne peut comparer son expérience à une autre. C'est un chemin solitaire et joyeux dans lequel on s'aventure sans savoir à quoi s'attendre. Cela ressemble à la vie et à notre façon de l'aborder. Stéphan, mon compagnon, et moi avons tout de même créé ensemble les illustrations de deux albums, ce qui nous à amener à harmoniser nos individualités dans une création commune.

Voici un portrait d’artiste qui pourra vous aider à comprendre comment se sont bâties les influences dans mon travail de peintre et d’illustratrice.

Issue d'un métissage culturel (père né en France de parents russes et mère née en Saskatchewan de parents Québécois) et ayant vécu et voyagé depuis ma plus tendre enfance dans plusieurs pays (trois ans en Égypte, trois ans en Iran, un an au Mexique, un an en France et deux ans en Autriche), j'ai côtoyé différentes cultures. Ainsi, mon vécu et ma double origine ont enrichi et complexifié mon identité culturelle. À mon insu et au fond de moi s'est créé un amalgame de toutes ces influences que je retrouve par un effet de miroir dans mes oeuvres. J'élabore ma propre mythologie à partir de toutes ces civilisations qui m'ont traversée et que j'ai traversées. Faisant partie de mon vécu passé non intellectualisé d'enfant et d'adolescente, ces multiples impressions que je recrée encore spontanément dans mon travail ont été reçues en toute sensibilité et sensualité, pour le meilleur et pour le pire. Petite, je me sentais déjà étrangère et familière à plusieurs cultures, immergée, mais aussi souvent déracinée dans de nouveaux espaces sociaux culturels auxquels je devais rapidement m'adapter : j'absorbais et assimilais leurs influences comme le fait, en toute innocence, un enfant impressionnable.

Parfois, notre famille de quatre enfants ne pouvait accompagner mon père dans ses voyages de plusieurs mois de travail intense à l'étranger. Nous restions avec ma mère dans notre maison à Montréal, poursuivant notre routine d'écoliers. Mais nous suivions, à travers les récits de ma mère, notre père à l'esprit aventurier. Ses nombreuses pérégrinations n'étaient pas dépourvues d'aventures parfois époustouflantes et d'événements colorés. À travers ses lettres et nos nombreuses collections de timbres séchant dans toute la maison sur d'interminables rouleaux de papiers de toilette, nous suivions ses voyages. Mon père ne manquait jamais de nous rapporter des cadeaux, de l'artisanat local et ancestral de ses nombreux voyages en Afrique, en Inde et dans les pays scandinaves. Il ne s'agissait pas de l'artisanat destiné aux touristes endormis, mais d'objets signifiants parlant de la vie psychique des peuples et de leur âme. Notre maison en était peuplée. Je me rappelle, entre autres, les poupées cousues par des enfants dans des tissus variés sentant encore le vent du désert, les épices et le cuir. Elles étaient mes compagnes de jeu.

J'ai hérité de mes parents un riche bagage culturel, la passion des voyages et une curiosité insatiable pour les cultures du monde. Avec l'âge, une certaine distance critique face aux traditions de ces différents pays s'est naturellement créée; mais en même temps demeure toujours profondément ancrée en moi, une sensation que toutes ces cultures sont aussi les miennes. C'est pour cela que l'on peut faire appel à moi pour illustrer des textes qui parlent "de l'autre en moi-même", pour illustrer les parfums du monde : par exemple Le mystère de l'île aux épices, de Richard Keens-Douglas, auteur né à Grenade, dont les dessins et les couleurs prennent une vibration des Caraïbes, Mala, un conte du folklore de l'Inde, ou The Birdman, une histoire très touchante se passant à Kolkota, ou encore, mon propre texte Shô et les dragons d'eau dont les illustrations prennent un accent de finesse de l'art japonais.

Ce que je privilégie avant tout dans l'illustration des histoires et dans leur écriture, c'est ce qui nous aide à nous révéler à nous-mêmes. C'est le sens même de ma démarche artistique. Les histoires qui disent la vérité intérieure sont en fait un matériau très puissant pour se retrouver et se relier à nouveau à notre source fondamentale. C'est cette source qui est l'essence même de la vie, de notre liberté et de notre joie de vivre. Et tous, tant que nous sommes, nous oublions et perdons si souvent de vue cette vie profonde qui nous anime. Nous nous débranchons facilement de notre pouvoir fondamental et nous en sommes malheureux. L'art nourrit l'âme. L'art est un moyen extrêmement puissant et à la portée de tous pour comprendre le parcours du voyage de notre âme qui est parfois si douloureux. Il peut nous guider dans l'inconnu qui nous terrifie.

Je joins ci-dessous deux comptes-rendus commentés de mon livre Les cerfs-volants ensorcelésparus dans les journaux canadiens.

Ill ne faut pas tenter de museler l’imaginaire, mais le laisser s’envoler au gré des courants et des vents. Voilà la morale de ce beau conte baigné de symbolisme et de sagesse orientale. Choisi par l’empereur d’un pays que l’on devine être asiatique pour accueillir un grand concours de cerfs-volants, un village devient soudainement la proie d’une folle frénésie. Obsédés par la compétition, les habitants essaient de provoquer leurs rêves, première source de leur inspiration créatrice. Mais on ne badine pas avec les rêves, apprendront à leurs dépens les villageois. « La veille du festival, tous les cerfs-volants du village avaient été accrochés aux toits des maisons. Il y avait tant de rêves suspendus au firmament que le soleil avait disparu. Le hameau, plongé dans une nuit sans fin, ne se réveilla plus, à l’exception des enfants.» Le village sombre dans l’oubli et la tristesse. Kitao et Yamauba, deux enfants partis chercher de l’aide, échappent heureusement au maléfice. Ils n’oublieront pas leurs familles et amis. Suite de Sho et les Dragons d’eau (prix du Gouverneur général en 1995), Les Cerfs-volants ensorcelés est une fable légère et grave portée par la voix aérienne de la peintre et auteure Annouchka Gravel Galouchko. Ses illustrations élégantes nimbent le récit d’une atmosphère fantastique. Un conte qui plaira aux enfants et charmera leurs parents.
Pascale Millot


Illustration ©Annouchka Gravel Galouchko tirée du roman jeunesse, Les cerfs-volants ensorcelés, Leméac-Jeunesse, Montréal


Illustration ©Annouchka Gravel Galouchko tirée du roman jeunesse, Les cerfs-volants ensorcelés, Leméac-Jeunesse, Montréal


Illustration ©Annouchka Gravel Galouchko tirée du roman jeunesse, Les cerfs-volants ensorcelés, Leméac-Jeunesse, Montréal


Illustration ©Annouchka Gravel Galouchko tirée du roman jeunesse, Les cerfs-volants ensorcelés, Leméac-Jeunesse, Montréal


Illustration ©Annouchka Gravel Galouchko tirée du roman jeunesse, Les cerfs-volants ensorcelés, Leméac-Jeunesse, Montréal


Un petit conte philosophique

Les petits contes philosophiques ne sont pas monnaie courante. C'est pourquoi ils nous chavirent autant lorsqu'un auteur nous offre un si beau cadeau. Les Cerfs-volants ensorcelés est un petit bijou, lumineux et intelligent, qui met en scène des créateurs de rêves. Dans la foulée de Shô et les dragons d'eau, ce magnifique album récipiendaire du prix du Gouverneur général (1995), nous revoici plongés dans une histoire de cerfs-volants. L'exotisme de ce roman hors norme séduit : il est empreint de cette sagesse orientale qui nous entraîne au-delà des frontières du réel. Les illustrations sont tout simplement magnifiques et évoquent cette légèreté propre au matériau de l'histoire. Avec simplicité, il nous prédispose à la réflexion et au partage. Un hommage à la liberté et à son pouvoir de créativité.
Commentaire de Brigitte Moreau, de la librairie Monet et critique littéraire dans leurs publications

mercredi 9 novembre 2011

L'OEIL RAVI À LA MAISON VALOIS

L’ŒIL RAVI est une des bannières de LA VOLONTÉ CRÉATRICE : une société en nom collectif d'Annouchka Gravel Galouchko et Stéphan Daigle. L'OEIL RAVIi sert d’outil d’organisation pour la promotion et la diffusion de l’excellence dans les pratiques artistiques et créatives à travers différentes manifestations. L'OEIL RAVI a mis sur pied des séries de soirées-rencontres avec des artistes professionnels des arts visuels venant de tous les horizons. Présentement une quarantaine d'artistes sont à son répertoire. L’ŒIL RAVI s’associe à différents organismes privés ou publics pour financer ses entreprises.

Nous vous invitons à consulter le site de L'OEIL RAVI pour découvrir le programme que nous avons proposé à la Maison Valois de Vaudreuil-Dorion en 2011.

Comme le 4 novembre 2011 était la dernière de la saison de L'OEIL RAVI à la Maison Valois et que nous ne savons pas encore si nous pourrons reprendre celles-ci en 2012, nous voulons laisser un témoignage de ces merveilleuses rencontres sur ce blogue. Toutes nos 8 soirées-rencontres ont été des moments exceptionnels de communion avec l'art propre à chacun des 8 artistes et avec l'esprit qui anime celui-ci. L'intimité et la chaleur de la Maison Valois y étaient sans doute pour quelque chose, mais aussi l'engagement profond des artistes présentés dans leur démarche de créateur.

Annouchka Gravel Galouchko et Stéphan Daigle tiennent à remercier le service des Arts et de la Culture de Vaudreuil-Dorion et son directeur Michel Vallée pour l'opportunité que nous avons eu de partager notre passion pour les arts visuels avec la population de notre ville et de notre région. Ils tiennent à remercier tout particulièrement les artistes pour leur générosité exceptionnelle et le public pour son intérêt soutenu et sa curiosité insatiable. Il nous a semblé que l'enrichissement et le plaisir que nous y avons ressentis ont été largement partagés par tous les participants. Les nombreux témoignages des artistes et du public que nous avons reçus semblent le confirmer.

Les images qui suivent ont été prises à la dernière de ces soirées-rencontres où l'artiste Christopher Varady-Szabo présentait son travail et sa démarche devant un public ravi. Artiste de Land Art dont la carrière l'a amené outre frontière à plusieurs occasions, Christopher Varady-Szabo partageait ses préoccupations et échangeait avec les participants lors de cette très belle soirée.

Vous pourrez découvrir son travail en suivant ce lien.

Toutes les photographies de cet article sont de Daniel Bouguerra de Vaudreuil-Dorion. Vous pouvez découvrir plus amplement son travail en cliquant sur ce lien.


Christopher Varady-Szabo à la Maison Valois/Photo de Daniel Bouguerra


Christopher Varady-Szabo à la Maison Valois/Photo de Daniel Bouguerra


Christopher Varady-Szabo à la Maison Valois/Photo de Daniel Bouguerra


Couple attentif/Photo de Daniel Bouguerra


Le public participant/Photo de Daniel Bouguerra


Christopher en interaction avec le public/Photo de Daniel Bouguerra


Stéphan Daigle/Photo de Daniel Bouguerra


Sacha Galouchko-Daigle servant d'appariteur pour cette soirée/Photo de Daniel Bouguerra


Charlène Degrosbois de la ville de Vaudreuil-Dorion/Photo de Daniel Bouguerra


Marianne Montpellier du Conseil des Arts et de la Culture de Vaudreuil-Soulanges/Photo de Daniel Bouguerra


Une participante très détendue/Photo de Daniel Bouguerra


Christopher Varady-Szabo, Annouchka Gravel Galouchko et Stéphan Daigle/Photo de Daniel Bouguerra

jeudi 3 novembre 2011

Dr.Emoto à propos de l'eau et Shô et les dragons d'eau


Image de ©Annouchka Gravel Galouchko tirée du livre Shô et les dragons d'eau

Les artistes, les mystiques, les gens en quête de vérité ont souvent accès à des connaissances que les scientifiques confirment plus tard. Leur sensibilité peut se connecter sur la connaissance par le biais de l'inspiration ou de l'intelligence intuitive.
http://www.youtube.com/watch?v=1Ra_7Li1ZBM

J'ai fréquenté durant dix ans un monastère Zen où un maître Zen nous transmit généreusement ces précieux enseignements. Le zazen (méditation) et le samu (travail physique) étaient des composantes de la discipline spirituelle.

C'est à cette époque inspirée que j'écrivis Shô et les dragons d'eau.


Le Gasshô, en japonais est la salutation où l'on reconnaît la nature sacrée de toute chose, où l'on reconnaît en soi et en chacun notre "vraie nature" ou notre nature éveillée


Image de ©Annouchka Gravel Galouchko, La danse cosmique des éléments, tirée de Shô et les dragons d'eau

Précieux témoignage d'une artiste que je voudrais partager avec vous

Bonjour Annouchka!
Je voulais partager avec vous comment j'ai découvert cette année votre magnifique livre Shô et les dragons d’eau que j’ai lu dans la version anglaise, non pas comme enfant, mais à 32 ans, en parcourant la collection d'albums de la bibliothèque municipale de Brampton, (Ontario) qui est particulièrement riche. De voir ce que vous avez créé m’aide à préciser mes propres projets en latence.

Je voulais vous remercier particulierement pour ce livre. L'ayant lu peu après le tremblement de terre au Japon, j'ai maintenant gravé en moi, les images de votre livre Shô : les eaux portant le fardeau de nos cauchemars collectifs, mais aussi la nature éphémère de ces cauchemars et notre habilité ou capacité à les transformer.

Et ces images, pour moi, sont mille fois plus vivantes et précieuses que toutes celles qui circulent inlassablement dans les medias (même sans télévision à domicile, quelques-unes se faufilent inévitablement). Vos images vibrantes nous aident à garder vivante en nous une vision positive!

Et si je vois des enfants dehors avec un cerf-volant , je me rejouis plus que d'habitude!

Affectueusement, Susanne


La découverte extraordinaire de Masaru Emoto: l’eau enregistre nos pensées
http://www.yogaesoteric.net

Les pensées et les sentiments influencent directement la structure de la matière physique – c’est la conclusion du japonais Masaru Emoto, suite à ses recherches récentes. Il a observé que l’eau enregistre toutes les informations qui lui sont transmises sous forme d’énergie (hado) du milieu environnant. La science confirme ainsi ce que les traditions spirituelles soutiennent depuis des milliers d’années: nous sommes responsables du paradis ou de l’enfer dans lequel nous vivons.

Les recherches du Dr. Masaru Emoto l’ont conduit à la définition du concept de "hado", un mot utilisé de plus en plus fréquemment même dans les conversations usuelles par les japonais. Le mot "hado" est formé de deux idéogramme kanji, ha et do, qui signifient respectivement onde et mouvement. Par conséquence, hado est le modèle vibrationnel intrinsèque existant au niveau atomique de la matière, étant considéré comme la plus petite unité d’énergie.

Hado est l’énergie associée à la conscience humaine, selon la définition du Dr. Masaru Emoto. En étudiant cette énergie, il est arrivé à la conclusion que les pensées et les sentiments modèlent la réalité physique. Inspiré par les résultats d’un homme de science qui a réussi, à l’aide d’un dispositif qui utilisait la résonance magnétique, à imprégner l’eau avec certaines informations bénéfiques, curatives, le Dr. Masaru Emoto a continué les recherches dans le domaine de la résonance magnétique.

En 1994, il a commencé à étudier et à photographier des cristaux de glace. Ces photographies étaient réalisées à l’aide d’un microscope placé dans une pièce à -50°C. Les résultats surprenants ont été présentés dans son livre Messages from Water (Les Messages de l’eau), qui met en évidence l’effet de la conscience humaine (des différents types d’énergie hado) sur l’eau. Les photographies de cet article sont tirées de ce livre et montrent clairement la façon dont la structure cristalline de l’eau glacée reflète sa qualité, ainsi que les modifications de celles-ci par l’exposition aux différents facteurs externes: pollution, mots, musique, photos et même prières.

Ainsi, en générant différentes énergies hado par des mots prononcés ou écrits, ou par la musique qui a influencé le même échantillon d’eau distillée, celle-ci a modifié la structure en fonction de l’énergie reçue.
Les formes de hado positif, par exemple la forme sublime créatrice de l’art et de la musique, ont généré des cristaux géométriques, héxagonaux, harmonieux et très beaux. Il est intéressant de savoir que tous les échantillons se sont pas cristallisés.

Ceux qui ont été exposés à un hado négatif (mots méchants, photos de personnages maléfiques reconnus, par exemple, Hitler, pollution, musique heavy-metal) sont formés de formes amorphes, étranges et dis-harmonieuses. Ainsi, même si tous les types d’eau ont la même formule chimique, leur structure moléculaire diffère considérablement, fait démontré clairement par ces photos.

Tout ceci nous fait comprendre que l’eau a un message très important pour nous. Elle est comme un miroir, qui reflète fidèlement notre état intérieur. Lorsque nous reflétons notrevisage en elle, le message revient vers nous avec une clarté surprenante, comme un cristal. Nous savons que la vie humaine est directement corrélée à la qualité de l’eau, tant celle de notre corps que celle qui nous entoure.

Dans son ouvrage, le Dr. Emoto présente des arguments concrets qui démontrent que la bioénergie humaine, l’énergie des pensées, celle qui est véhiculée par les mots, les idées-force et la musique, tout ceci influence la structure moléculaire de l’eau, la même eau qui forme en pourcentage de 70% le corps d’un être humain mûr et qui couvre dans la même proportion notre planète. L’eau est la source essentielle de la vie sur la planète, sa qualité et son intégrité ont une importance vitale pour toutes les sources de vie.

Le Dr. Emoto a découvert les nombreuses différences fascinantes dans les structures cristallines de l’eau provenant de différentes sources se trouvant dans des conditions différentes. Par exemple, l’eau de source de montagne a dévoilé dans sa structure cristalline de beaux modèles géométriques. Par contre, l’eau toxique et polluée des zones industrielles ultra-peuplées ou l’eau stagnante des puits ou des lacs d’accumulation s’est cristallisée en glaçons déformés, aléatoires et dis-harmonieux.

Un autre domaine d’étude du docteur Emoto a constitué la mélothérapie, dans ce sens il a suivit les effets de la musique sur la structure des cristaux que l’eau forme en se glaçant. Il a placé pour quelques heures de l’eau distillée dans une éprouvette entre deux haut-parleurs et ensuite a photographié les cristaux obtenus en glaçant l’eau. Après avoir enregistré la façon dont l’eau a réagi aux différentes conditions de milieu, à la polution et les différents genres de musique ou sons, l’équipe du docteur Emoto a orienté ses recherches vers la façon dont les mots et les pensées agissent sur la formation des cristaux d’eau distillée. Ils ont appliqué sur les échantillons d’eau des morceaux de papiers en écrivant des mots différents. Ils ont laissé toute la nuit les échantillons ainsi marqués.

Le même procédé a été appliqué en utilisant les noms de certaines personnes décédées, qui ont eu une certaine influence dans l’histoire de l’humanité. Les photos obtenues après avoir glacé les échantillons d’eau qui avaient été exposées à ces influences ont démontré les incroyables réponses de l’eau, sensible comme une entité vivante et intelligente, aux émotions et aux pensées inscrites dans le champ morphique de l’humanité.

La conclusion générale a été incontestable: l’eau enregistre facilement les vibrations et l’énergie du milieu où elle se trouve. Les découvertes extraordinaires du Dr. Masaru Emoto représentent un instrument de valeur et une preuve incontestable qui peut transformer notre perception de nous-mêmes et du monde où nous vivons. Nous avons maintenant la preuve du fait que l’eau peut guérir et transformer en bien la vie de la planète, par les pensées que nous choisissons d’entretenir dans notre mental et par la façon dont nous appliquons ces pensées.


Image de Annouchka Gravel Galouchko© tirée du livre Shô et les dragons d'eau

S'il vous plaît envoyez vos prières d'amour et de gratitude à l'eau des centrales nucléaires à Fukushima, Japon!

Après le séisme de magnitude 9 massive et le surréaliste tsunami, plus de 10.000 personnes sont toujours portées disparues ... même maintenant ... 16 jours ont passé déjà depuis la catastrophe. Le pire est que l'eau dans les réacteurs des centrales nucléaires Fukushima a commencé à fuir, et à contaminer l'océan, l'air et les molécules d'eau des zones environnantes.

La sagesse humaine n'a pas été en mesure de faire beaucoup pour résoudre le problème, mais nous essayons seulement de refroidir la colère des matières radioactives dans les réacteurs en évacuant l'eau à leur disposition.

N'y a-t-il vraiment rien d'autre à faire?

Je pense que si ! Pendant plus de vingt années de recherche à mesurer le hado et la technologie des cristaux d'eau photographique, j'ai été témoin de ce que l'eau peut devenir positive quand elle reçoit la vibration pure de la prière de l'homme, peu importe comment elle est loin.

La formule de l'énergie d'Albert Einstein, E = MC2 signifie en réalité que de l'énergie = nombre de personnes et de la place de la conscience des gens.

Il est maintenant temps de comprendre le vrai sens. Joignons-nous tous la cérémonie de prière en tant que citoyens de la planète Terre. Je voudrais demander à toutes les personnes, pas seulement au Japon, mais partout dans le monde s'il vous plaît de nous aider à trouver une issue à la crise de cette planète!

La procédure de la prière est la suivante

Nom de la cérémonie:
"Envoyons nos pensées d'amour et de gratitude à toutes les eaux dans les centrales nucléaires à Fukushima"

Jour et heure:
31 mars 2011 (jeudi)
12:00 midi dans chaque fuseau horair

S'il vous plaît dire la phrase suivante:

"L'eau de la centrale nucléaire de Fukushima, nous sommes désolés de vous faire souffrir. S'il vous plaît pardonnez-nous. Nous vous remercions, et nous vous aimons. "S'il vous plaît dites à haute voix ou dans votre tête. Répétez trois fois en joignant les mains dans une position de prière. S'il vous plaît offrez votre prière sincère.

Merci beaucoup du fond du cœur.

Avec amour et de gratitude,
Masaru Emoto
Messager de l'eau



Shô, la messagère de l'eau dans Shô et les dragons d'eau

http://www.syti.net/StanGrov.html