Pour me suivre sur mon nouveau BLOGUE

Chers amis

Mon tout nouveau site www.annouchkagravelgalouchko.com contient un blogue que dorénavant j'utiliserai pour partager ma vie artistique avec vous. Je vous invite donc à m'y suivre.

Ce blogue-ci servira uniquement à commenter mes activités de médiation culturelle avec les partenaires institutionnels.

mardi 14 septembre 2010

Les Elles De La Culture



C'est avec grand plaisir que je participerai à une exposition collective de tableaux dans le cadre de la 7 ième édition de festiv'Elle / Festival international des femmes de montréal (FIFM). Cette exposition sera présentée à la Galerie virtu Elles Elles-toiles et Ellesdorado

Le thème commun des toiles présentées est la maternité, l'enfant et la spiritualité.

Les toiles de l'exposition collective seront exposées au café ELDORADO situé au 921, rue Mont-royal est, du 20 sep. au 25 oct. 2010.

Pour en savoir plus sur le site Les Elles De La Culture, cliquez sur le lien www.lesellesdelaculture.com afin d'y découvrir un univers d'une grande richesse. Ce site intelligent et sensible est entièrement consacré aux réalisations de femmes dans les domaines culturel et communautaire. Dans la rubrique événements spéciaux, vous trouverez la programmation festiv'Elle 2010.

lundi 30 août 2010

JE SUIS...MÉGAPROJET DE MÉDIATION CULTURELLE à Vaudreuil-Dorion


Médiation culturelle « JE SUIS... »
à Vaudreuil-Dorion

Le projet d’Annouchka Gravel Galouchko/ Ce qui nous lie
LA THÉMATIQUE

Le projet global de Monsieur Michel Vallée, (Directeur du service des Arts et de la Culture de Vaudreuil-Dorion) et titré « JE SUIS... » ayant, entre autres, pour buts de générer et/ou renforcer le sens communautaire dans une ville en développement, de même que de sensibiliser la population au rôle essentiel de l’art dans le développement identitaire et culturel d’une communauté : mon projet d’animation/médiation au Parc et à la Maison Valois viendra appuyer cette démarche.

Un rêve : une immense corde à linge reliant l'humanité entière
Si toutes les cordes à linge remplies des couleurs de notre petite ville se liaient d'amitié, ça ferait une chaîne d'union solidaire dans nos quartiers. Mystérieusement, les cordes à linge de villes voisines se noueraient à notre corde qui grandirait encore et encore jusqu'au jour où elle danserait autour de la terre, portée par le vent et la lumière. Les êtres reconnaîtraient alors qu'ils n'ont jamais été misérables et seuls, mais qu'une vie profonde les animant les relie les uns aux autres.

Ce qui nous lie

Médiation culturelle dans le Parc Valois et la Maison Valois.
Au coeur du Parc Valois, des démarches symboliques et dynamiques avec le public

Je vous propose comme première aventure, votre participation dans l'univers symbolique et poétique de la corde à linge. Celle-ci recevra sur sa ligne les vêtements-traces des âmes qui se seront prêtées au jeu. Les participants seront invités à choisir un ou plusieurs vêtements accrochés sur la corde à linge installée dans la Maison Valois. Les vêtements recyclés aux pointures variées d'hommes, de femmes et d'enfants proviennent pour la plupart du magasin L'Actuel, un comptoir d'entraide de la ville de Vaudreuil-Dorion ayant pour mission de soutenir sa communauté.

Les empreintes corporelles laissées par les membres de la communauté

Nous fixerons ensemble sur un panneau au sol (une porte de 36 Po de largeur par 80 Po de hauteur) le vêtement sélectionné afin que le participant puisse imprimer une ou plusieurs parties de son corps sur le vêtement. À l'aide d'un pinceau à bâtiment ou d'un rouleau mousse enduit d'une couleur acrylique (non toxique et que le participant aura choisie), j'appliquerai sur sa peau de la peinture. Des empreintes de mains, de bras, de pieds, de coudes, etc. surgiront, laissant leurs traces mystérieuses sur les vêtements. Pour ceux qui voudraient imprimer leur tronc, dos ou reins, des vêtements moulants seront disponibles. Les parties du corps du participant seront aussi imprimées sur des vêtements différents afin de renforcer le concept voulant réunir les individus dans des identités collectives ou d'unir l'individu à sa collectivité. D'autres participants compléteront par leurs empreintes les parties manquantes du corps sur les vêtements.

Des écrivains ont été invités à collaborer au projet de médiation culturelle de Michel Vallée « JE SUIS... ». Ils ont rencontré dans des lieux publics, bingos, centres d'accueils ou d'achats, parcs, etc. des gens de toutes origines, résidant à Vaudreuil-Dorion afin de les faire participer, souvent à leur insu, à la création de textes poétiques autour de la thématique Je suis... Dans cette chaîne interrelationnelle, j'intégrerai des extraits de ces poèmes que je retranscrirai au pinceau sur les vêtements, (là où résident des parties du corps non apparentes) afin de relier graphiquement les membres de la communauté. Une nouvelle identité issue des empreintes de la communauté se formera peu à peu, reliant ses parties par la CULTURE. Les participants pourront se nettoyer à l'évier du sous-sol de la Maison Valois, (il y aura des débarbouillettes propres et du savon disponibles).

Pour clore la performance, le participant ira ré-accrocher son vêtement sur la corde à linge qui séchera à l'air libre, au regard de tous et chacun. Au cours du mois, la corde à linge se remplira de vêtements aux multiples traces colorées laissées par les empreintes des membres de la communauté. Certains reconnaîtront peut-être, avec un sourire aux lèvres, une nouvelle fonction à des vêtements dont ils s'étaient dépouillés autrefois. Une installation de ces tableaux-vêtements formant une chaîne colorée et flottant dans l'espace de la Maison Valois naîtra, rappelant que nous sommes tous interreliés et interdépendants. Elle symbolisera poétiquement la communauté liée par la culture.

La vision artistique dans sa symbolique

La corde à linge

La beauté de l'unicité et de la différence de chaque être n'existent qu'en relation profonde avec le collectif. J'ai choisi la corde à linge, non comme sujet de débat sur les interdictions dans certaines localités d'étendre son linge dehors, mais en fonction de sa puissance évocatrice purement symbolique et poétique de ce qui nous lie. Dans le contexte de cette médiation, il s'agit de la vie de quartier qui nous lie à la communauté.

Le vêtement recyclé ou usagé

Je trouve cela extrêmement signifiant que le Bouddha ait confectionné son premier vêtement de moine à partir de haillons, de rebuts de tissus ayant appartenu à une multitude de gens de toutes origines. Il exprimait par là que nous sommes tous composés des autres, autant biologiquement que psychologiquement. Autant les atomes que les pensées qui forment ce que nous appelons le Je suis... viennent des autres ou de ce qui fut les autres. Le Je suis... n'est qu'un habit impermanent. Le vêtement symbolise ici notre identité-personnalité, avec ses aspects sombres et lumineux, personnalité qui n'a pas d'existence propre, si ce n'est qu'en inter relation avec l'autre. Dans cet espace ouvert devenu sacré par l'appellation de lieu de manifestation culturelle et artistique, la transgression est permise. Il nous y est permis d'afficher nos différences et nos faiblesses. La corde à linge, qu'on juge parfois comme une pollution visuelle, un signe de pauvreté dévaluant les maisons avoisinantes, devient ici l'expression de notre humanité ordinaire, permettant la reconnaissance et la compassion. Elle est là pour nous faire prendre conscience de nos ressemblances profondes. Le linge sale caché et lavé honteusement en famille (nos problèmes, notre isolement face à la communauté, nos complexes et préjugés, notre marginalité) se transforme symboliquement dans cet espace magique ou sacré en une ouverture sur le monde appelant la solidarité de la communauté. Dans cet espace poétique, le sens de l'identité s'élargit à la famille de coeur ou la famille universelle, à la communauté. Après avoir été lavé, le linge est séché à la lumière.

L'empreinte corporelle

L'empreinte corporelle symbolise ici le désir d'affirmation, la trace de ce qu'on laisse derrière nous, à l'image des empreintes de mains des hommes préhistoriques sur les parois des cavernes. Elle symbolise aussi et surtout l'habilité qu'à l'Humanité de représenter le monde symboliquement et à l'aide de cette représentation de le transformer. L'empreinte de la main sur la paroi de la caverne est le symbole même de la création artistique. L'utilisation de l'empreinte corporelle cherche, dans cette démarche, à réintégrer le corps dans sa totalité.

Depuis des années, je travaille avec l'empreinte de mon propre corps et celui des autres comme un moyen d'unification, un pont entre le ciel et la terre, le corps et l'esprit. Les participants deviendront eux-mêmes, à leur insu, ce pont de chair. Par la suite, influencée par les traces de certaines empreintes, je retravaillerai au pinceau par-dessus. J'encollerai sur deux ou trois portes des échantillons de ces vêtements qui deviendront un puissant déclencheur de nouveaux tableaux.



Ce qui nous enracine

La puissance du symbole de L'Empreinte du pied, ou le pied universel de l'humanité

Depuis la nuit des temps sur la terre entière, l'empreinte du pied a joué un rôle symbolique dans la plupart des civilisations, allant des dessins rupestres aux empreintes du pied du Bouddha symbolisant sa sagesse et sa loi inscrite dans les entrailles du sol.

Les participants seront invités, cette fois ci, à imprimer leur pied sur la surface d'une grande porte couchée sur le sol. Du savon, débarbouillettes et serviettes seront mises à la disposition des dessous de pieds colorés des participants.

À partir du territoire vital du corps, d'un morceau du corps imprimé des participants, leur pied, le tableau se remplira peu à peu des représentations symboliques des citoyens de notre ville. Une mosaïque d'empreintes aux couleurs, grandeurs et formes variées naîtra de ce processus, représentant visuellement notre solidarité, notre engagement et appartenance comme habitants au territoire et à la communauté qui s'y est établie.

Ce tableau constitué d'empreintes de pieds de la population s'harmonisera avec le nouveau monument au parc Valois dont l'inauguration a eu lieu ce samedi 28 août 2010: JE SUIS... L'EMPREINTE DE MA VILLE JE SUIS... L'IDENTITÉ DE MA COMMUNAUTÉ.

Larges et dynamiques, les lettres « Je suis... » prennent place sur une fondation de pierres semblables à celle de la Maison Valois, située à quelques mètres de l'emplacement du monument. Assise sur l'histoire, l'identité citoyenne est nettement représentée par les trouées d'empreintes de mains de citoyens de Vaudreuil-Dorion formant l'expression « Je suis...Plus qu'un monument, cette œuvre d'art publique souligne la diversité, la fierté et le sentiment d'appartenance des citoyens de Vaudreuil-Dorion. Cette œuvre appuie les actions de médiation culturelle qui servent d'outils pour qu'ensemble,
 les Vaudreuillois-Dorionnais se forment une nouvelle identité forte.

Vaudreuil Dorion, une ville en pleine expansion

Puissent notre sagesse et nos lois s'inscrire dans le sol fertile de notre communauté
Personne ne voudrait que notre ville devienne une banlieue-dortoir bétonnée sans âme et sans arbres où l'on vivrait isolés les uns des autres. Si nous nous reconnaissons dans notre communauté, nous voudrons nous investir dans l'espace où nous vivons, le rêver, soigner notre communauté en pleine expansion, nous développer et construire dans le respect des autres et de la nature. Nous voudrons nous développer harmonieusement en fonction de nos besoins réels. Nous formerons une communauté unie autour d'une vision responsable partagée.

Dans notre travail individuel autant que collectif, dans ce grand projet JE SUIS..., peut-être sommes nous, à notre insu, cette oeuvre d'art qui est la communauté; ou en voie d'en devenir plus consciente?

Venez nombreux imprimer vos empreintes qui prendront vie tous les samedis et les dimanches du mois de septembre de 12h00 à 16h00 ainsi que le 2 et 3 octobre.

mercredi 10 février 2010

Parcours d'Annouchka Gravel Galouchko


L'exil 2, acrylique sur toile, 150 cm x 150 cm, 2010
©Annouchka Gravel Galouchko


Shô et les dragons d'eau, gouache sur papier, 54 cm x 38 cm, 1995
Image ©Annouchka Gravel Galouchko tirée du livre Shô et les dragons d'eau, Annick-Press, Toronto

Issue d'un métissage culturel (père né en France de parents russes et mère née en Saskatchewan de parents Québécois) et ayant vécu et voyagé depuis ma plus tendre enfance dans plusieurs pays (trois ans en Égypte, trois ans en Iran, un an au Mexique, un an en France et deux ans en Autriche), j'ai côtoyé différentes cultures. Ainsi, mon vécu et ma double origine ont enrichi et complexifié mon identité culturelle. À mon insu et au fond de moi s'est créé un amalgame de toutes ces influences que je retrouve par un effet de miroir dans mes oeuvres. J'élabore ma propre mythologie à partir de toutes ces civilisations qui m'ont traversée et que j'ai traversées. Faisant partie de mon vécu passé non intellectualisé d'enfant et d'adolescente, ces multiples impressions que je recrée encore spontanément dans mon travail, ont été reçues en toute sensibilité et sensualité, pour le meilleur et pour le pire. Petite, je me sentais déjà étrangère et familière à plusieurs cultures, immergée, mais aussi souvent déracinée dans de nouveaux espaces sociaux culturels auxquels je devais rapidement m'adapter : j'absorbais et assimilais leurs influences comme le fait, en toute innocence, un enfant impressionnable.

Parfois, notre famille de quatre enfants ne pouvait accompagner mon père dans ses voyages de plusieurs mois de travail intense à l'étranger. Nous restions avec ma mère dans notre maison à Montréal, poursuivant notre routine d'écoliers. Mais nous suivions, à travers les récits de ma mère, notre père à l'esprit aventurier. Ses nombreuses pérégrinations n'étaient pas dépourvues d'aventures parfois époustouflantes et d'événements colorés. À travers ses lettres et nos nombreuses collections de timbres séchant dans toute la maison sur d'interminables rouleaux de papiers de toilette, nous suivions ses voyages. Mon père ne manquait jamais de nous rapporter des cadeaux, de l'artisanat local et ancestral de ses nombreux voyages en Afrique, en Inde et dans les pays scandinaves. Il ne s'agissait pas de l'artisanat destiné aux touristes endormis, mais d'objets signifiants parlant de la vie psychique des peuples et de leur âme. Notre maison en était peuplée. Je me rappelle, entre autres, les poupées cousues par des enfants dans des tissus variés sentant encore le vent du désert, les épices et le cuir. Elles étaient mes compagnes de jeu.

J'ai hérité de mes parents un riche bagage culturel, la passion des voyages et une curiosité insatiable pour les cultures du monde. Avec l'âge, une certaine distance critique face aux traditions de ces différents pays s'est naturellement créée; mais en même temps demeure toujours profondément ancrée en moi, une sensation que toutes ces cultures sont aussi les miennes. C'est pour cela que l'on peut faire appel à moi pour illustrer des textes qui parlent "de l'autre en moi-même", pour illustrer les parfums du monde, par exemple Le mystère de l'île aux épices, de Richard Keens-Douglas né à Grenade, dont les dessins et les couleurs prennent une vibration des Caraïbes, Mala, un conte du folklore de l'Inde, ou The Birdman, une histoire très touchante se passant à Kolkota, ou encore, mon propre texte Shô et les dragons d'eau dont les illustrations prennent un accent de finesse de l'art japonais.

Ce que je privilégie avant tout dans l'illustration des histoires et dans leur écriture, c'est ce qui nous aide à nous révéler à nous-mêmes. C'est le sens même de ma démarche artistique. Les histoires qui disent la vérité intérieure sont en fait un matériau très puissant pour se retrouver et se relier à nouveau à notre source fondamentale. C'est cette source qui est l'essence même de la vie, de notre liberté et de notre joie de vivre. Et tous, tant que nous sommes, nous oublions et perdons si souvent de vue cette vie profonde qui nous anime. Nous nous débranchons facilement de notre pouvoir fondamental et nous en sommes malheureux. L'art nourrit l'âme. L'art est un moyen extrêmement puissant et à la portée de tous pour comprendre le parcours du voyage de notre âme qui est parfois si douloureux. Il peut nous guider dans l'inconnu qui nous terrifie.

L’album jeunesse Shô et les dragons d’eau (Éditions Annick-Press 1995) que j’ai écrit et illustré, témoigne parfaitement de ce désir de sortir de l’ombre les peurs et les cauchemars et de les exposer à la lumière, afin qu’ils deviennent énergie créatrice. Le livre a remporté le prix du Gouverneur Général du Canada pour ses illustrations et le texte a été mis en nomination. La même année, Shô a remporté le Silver Birch Award Ontarien ainsi qu’une médaille d’argent pour le prix littéraire International Korczak en Pologne. L’album sert aussi d’outil dans les cliniques et les milieux scolaires afin d’aider à guérir la psyché des enfants traumatisés par la guerre. Il est parfois bien étrange de voir comment certaines oeuvres du passé sont annonciatrices de notre cheminement à venir.

Les textes que j'illustre fourmillent de symboles. Ceux-ci sont également un matériau puissant appartenant à l'inconscient collectif. Je désire que mes contes et mes images, tant par leur contenu symbolique qu'artistique, s'adressent aux adultes autant qu'aux enfants. L'écrivaine, Marie-Claire Blais, a su trouver les mots pour décrire cet état de grâce qui survient lorsque, devant une de ces oeuvres magiques, la raison cède la place à l'enchantement : « ..., nous sommes éblouis de féeriques images et de sortilèges de ce monde renversé sous le trait brûlant des couleurs du peintre qui raconte une histoire. »

Mes oeuvres picturales reliées à l'écriture sont essentiellement narratives parce qu’elles racontent une histoire. Depuis longtemps, mes images me suggèrent des histoires et il m'est venu tout naturellement de les écrire. Puis les histoires sont venues d'elles-mêmes sans support visuel. Lorsqu'on me demande d'illustrer un texte, je me l’approprie pour mieux le servir et pour m'en inspirer. J’ai illustré par exemple, la dernière trilogie romanesque de Marie Claire Blais, Soifs parue chez Boréal en 1995, Dans la foudre et la lumière, publiée en 2001, (dont la couverture est un immense peinture, une oeuvre personnelle créée entre 1986 et 1989, sous le nom de La colonne des vies antérieures) et enfin Augustino et le choeur de la destruction, en 2005. L’écrivaine qui se sent des affinités avec mon travail de peintre et d’illustratrice, a écrit un très beau texte poétique en guise d’introduction pour la monographie, Envol imaginaire, consacrée à mon travail visuel, (1998 aux éditions Les 400 coups, dans la collection Images). Inpirée par mon travail, l’écrivaine s’est servie de mes tableaux pour illustrer son propos lors de la soirée qui lui était consacrée dans le cadre des événements littéraires tenus à la maison de la culture Frontenac en 2001.

Gaston Miron a donné le nom de L’homme artériel de mes gigues à un de mes grands tableaux, un personnage intense tout en relief qui l’a accompagné comme mascotte lors de la tournée de son spectacle, La marche à l’amour, (textes et chansons tirées du recueil L’homme rapaillé, en 1991 et 1992.

De 1987 à 1989, j’ai eu la chance de collaborer avec le très beau magazine littéraire transculturel québécois Vice-Versa. Philosophes, sociologues, poètes, penseurs, écrivains, peintres et illustrateurs s’y exprimaient autour de la notion de transculture. J'ai également eu la chance d'exposer au Centre culturel Canadien à Paris en 1987 à Paris, avec les illustrateurs et les peintres talentueux qui collaboraient au magazine Vice - Versa. Le thème de l'exposition était inspiré d'un numéro du magazine précédemment paru, Visions américaines. Parmi les artistes et amis se trouvaient Stéphan Daigle, Normand Cousineau, Pierre Paul Pariseau, Daniel Sylvestre, Philippe Béha, Julie Gascon, Kamila Wozniakowska et Richard Parent, malheureusement décédé trop tôt.

À cette même époque, j'ai travaillé pour le magazine spécialisé du cinéma québécois Lumière. Critiques, cinéastes, réalisateurs, écrivains y discutaient d'un numéro à l'autre autour de la production du cinéma québécois, exprimant des points de vues divers.

Ma créativité emprunte beaucoup d'avenues. Dans le domaine pictural, elle va de l'illustration à des créations beaucoup plus abstraites. Mes préoccupations ne sont pas essentiellement d'ordre formel. Prenant ses racines dans un sentiment beaucoup plus profond, ma créativité tend à s'exprimer au-delà de toutes catégories d'abstraction ou de figuration. À mes yeux, la qualité principale d’une oeuvre est que celle-ci témoigne d’une réalité vitale au-delà de nos sens, ce que les Japonais appellent le yugen. C’est en cela que l’oeuvre devient universelle, transcendant le temps et les modes.

mercredi 3 février 2010

L'ESPRIT DE L'OISEAU OU ICARE DEVIENT PHÉNIX




Stéphan et moi avons le plaisir de vous invitez à venir voir notre exposition L'ESPRIT DE L'OISEAU / ICARE DEVIENT PHÉNIX à partir du 19 février au 4 avril 2010 à la Maison de la culture de Pointe-aux-Trembles.

L’Esprit de L’Oiseau

Une exposition itinérante de Annouchka Gravel Galouchko et Stéphan Daigle

L'exposition que propose ce couple de créateurs contemporains comprendra un grand nombre de tableaux et d'illustrations sur la thématique de la quête de la liberté qui y est symbolisée par l’oiseau. Les oeuvres présentées par les deux artistes ont été créées individuellement ou en commun au cours de plus de vingt-cinq ans de carrières.

lundi 21 décembre 2009

Yves Desrosiers ou le Pont d'âme entre le Québec et la Russie


Couverture d'un disque de Vladimir Vissotski ramené de Russie en 1992

Dos du disque de Vladimir Vissotski


La première fois que j'ai entendu chanter le poète et comédien Vladimir Vissotski, c'était en 1975. Mes parents nous avaient ramené de l'URRS une cassette illégale de ses chansons enregistrées clandestinement. Je ne comprenais pas le russe mais je percevais son intensité dramatique et son authenticité. Volodia rugissait comme une bête sauvage en roulant et crachant ses rrr à poumons déployés. Pour ceux qui ne connaissent pas Vissotski, sa voix fait penser à celle de Tom Waits, l'écorché vif. Ces deux hommes expriment la bête profondément blessée.

La révolte grondait dans le coeur de Vissotski, il en était l'expression même. Tout comme le poète chansonnier, Boulat Okoudjava dont mes parents avait des disques, Volodia dénonçait dans certaines chansons, le régime soviétique. Beaucoup de gens l'adoraient, même si celui-ci n'était pas reconnu officiellement dans son pays. Malgré les interdictions, ses concerts clandestins le faisaient connaître dans la culture « underground » et de nombreuses copies de ses chansons circulaient. Le fils de la cousine germaine de mon père, Gocha (Grégory), qui était un adolescent à cette époque, offrit à mon père ce précieux présent représentant pour bien des Russes, l'âme des gens de leur pays.

Ce premier voyage en terre russe était en quelque sorte pour mon père, un devoir. Celui de réaliser le vieux rêve obsédant de son père qui était de retourner chez lui. Grand-père, à l'âge de vingt ans, choisit de se rallier à l'armée blanche pour ne pas être enrôlé de force dans l'armée rouge. Il s'engagea dans l'armée des volontaires, à la toute fin de la révolution russe, comme officier de la marine. Il vécut son exil sur un cuirassé de l'armée blanche. Died (grand-père) dû abandonner ceux qu'il aimait profondément, sa famille et sa jeune épouse (ma grand-mère Larissa qui le retrouvera au péril de sa vie plus tard en France), pour participer en Crimée à l'évacuation de milliers de civils sur des bateaux fuyant le régime bolchevique.

À Paris, où mon père est né dans les années 20, mes grands-parents rassemblés avec leurs compatriotes dans la cour de la cathédrale Alexandre Nevski, suivaient avec avidité les nouvelles de la guerre, parlant sans relâche du pays perdu et de leurs proches abandonnés à leur triste sort. Ils espéraient jusqu’à l’usure un retour en Russie. C'était pathétique! Un jour, grand-père noya au fond de la Seine et de son cœur fatigué le portrait jauni du tzar. L'eau coula encore de longues années sous les ponts de Paris. Puis, éclata la deuxième guerre mondiale avec ses ravages.

Quelques années après la guerre, mes grands-parents vinrent s'installer au Québec, encouragés par mon père qui y vivait depuis peu avec ma mère québécoise. Avec la mort de Staline, le rêve de grand-père de retrouver sa bien-aimée Russie se ralluma. Mais cette fois-ci, sans l'illusion d'une réforme, d'un rêve de démocratie pour son pays. Non, died voulait seulement être en harmonie avec sa terre natale, se fondre à sa terre mère, se coucher en son sein et l'embrasser avant de mourir. Il voulait aussi serrer ses frères dans ses bras, revoir son peuple au destin étrangement et dramatiquement répétitif, son peuple qui fut massacré durant la révolution russe et les deux guerres mondiales. Faire la paix dans son coeur avec cet insoutenable passé entaché de tant souffrances.

Grand-père était un homme cultivé. Mais à Paris pour survivre, comme bon nombre de ses compatriotes exilés, il avait fait longtemps partie de ses chauffeurs de taxis russes légendaires. À Montréal, pour survivre à nouveau, died livrait des petits gâteaux Vachon dans sa fourgonnette blanche, tout en rédigeant sa thèse de doctorat : La guerre dans les oeuvres de M.Lermontov à l'Université de Montréal où par la suite il y enseigna la langue russe. Son objet de recherche, selon ses propres termes, concernait la facette la moins illuminée de la vie et de l'oeuvre du poète. Lermontov l'intéressait comme chantre de la guerre, comme officier dont le nom figure sur la liste de quatre régiments de l'armée russe. Grand-père économisa ses sous avec peine pendant des années afin de retrouver sa Russie. Mais il mourut en terre québécoise, sans avoir pu y retourner. Ses vieux os reposent au cimetière poétique et mystique russe de Rawdon.

Ce premier voyage pour mon père en URSS était donc une réconciliation avec le passé de ses parents. Le sentiment familial face à la Russie était entaché d'une appréhension justifiée quant au régime stalinien qui envoya plus d'un membre de ma famille russe au goulag sibérien. Ce voyage, comportant certains risques pour mes parents, devait créer par la suite un pont entre le Québec et la Russie. Un pont entre nous, les enfants nés au Québec et la famille russe. Obtenir la permission pour ce voyage du consulat de l'URSS fut, en 1975, un long et difficile processus. Nicolas, l'oncle de mon père, facilita les démarches administratives.

Nous vivions à cette époque à Téhéran. Mon père, ingénieur en télécommunications, y travaillait pour une société américaine. Nous fréquentions, les quatre enfants, le lycée français Razi de Téhéran. Nous vivions avec Valia, une aide ménagère qui avait sa chambre de bonne au rez-de-chaussée. En Orient, c'était ainsi que les étrangers vivaient, que les Iraniens de classe moyenne ou plus aisée vivaient également. On s'était déjà retrouvé en Égypte, quelques années auparavant alors que nous y vivions, entourés d'une cour de domestiques. La compagnie pour laquelle mon père travaillait nous l'avait envoyée. Envahis, mes parents n'avaient pas osé mettre le cuisinier, l'homme de ménage, le repasseur et la nounou à la porte, de peur que ces gens ne se retrouvent à la rue. Ma mère avait bien du y trouver quelques avantages!

Mais revenons à Téhéran. Valia était une russophone, d'origine polonaise, parlant couramment le farci (le persan). Elle était un personnage hors norme, pour ne pas dire excentrique. Valia était une véritable cerbère, aboyant après les marchands qui sonnaient à notre porte avec l'intention de nous abuser. Elle marchandait à merveille et finalement ceux qui voulaient nous rouler se faisaient rouler par la rusée! Notre babayaga (sorcière des contes russes) portant un fichu noué à la russe sur la tête, protégeait avec jalousie et férocité, les trois splendides jeunes adolescentes que nous étions à l'époque. Valia vociférait les pires injures iraniennes (dont nous, les filles, faisions une joyeuse collection), courant parfois avec son balai après les garçons qui rôdaient autour de la maison.

Lorsque, sous Staline, son coin de pays à la frontière russe et balte fut partagé entre la Russie et la Pologne, dans le mouvement stalinien des déportations de populations, Valia fut déplacée à l'âge de 18 ans en Sibérie dans un camp. Par la suite, après d'incroyables aventures, elle se retrouva, encore jeune femme, à Téhéran où elle s'enracina définitivement. Elle avait été très belle, mais la misère l'avait édentée. Ses immenses yeux d'un bleu azur mouchetés de points dorés donnaient à son regard des reflets magnifiques d'un turquoise aquatique. Le « papaver somniferum » aidait probablement à l'effet parfois étrangement allumé de ses yeux. Notre Valia cherchait régulièrement ses provisions d'opium au bazar de Téhéran en toute légalité et sous un strict contrôle gouvernemental. Cette permission était accordée uniquement aux gens de sa génération accoutumés depuis très longtemps à ce narcotique. Sous le règne du Shah, gare aux plus jeunes qui se seraient aventurés dans ces paradis artificiels! Ils risquaient la peine de mort ou la prison à perpétuité.

Mais revenons au voyage en Russie. Mes parents, dotés d'un esprit aventurier, prirent donc le bateau à Bandar Pahlavi,(le principal port de mer de la Caspienne), jusqu'à Bakou en Azerbaïdjan, nous laissant confiants entre les mains de Valia.

Une tempête s'abattit sur les eaux iraniennes et le bateau dut se réfugier dans une baie pendant une vingtaine d'heures. Rien à manger. Mes parents envoyèrent un télégramme à la famille de Moscou, mais il n'arriva jamais. Toute la famille russe se rendit à l'aéroport de Cheremetievo au jour et à l'heure convenus pour s'en retourner finalement chez elle bredouille et perplexe.

Finalement, les retrouvailles avec la famille eurent lieu. Tant à Moscou qu'à Leningrad (Saint-Pétersbourg), elles furent extrêmement émouvantes. Les oncles Nicolas et Anatole, qui ressemblaient comme deux gouttes d'eau à mon grand-père, prirent mon père dans leurs bras. Ils eurent tous cette sensation si familière de se connaître depuis toujours.

L'appartement très modeste à Leningrad avait été entièrement repeint, la cuisine et les toilettes communautaires, partagées avec d'autres familles de l'immeuble, n'avaient jamais été aussi propres.

Le festin préparé la veille : caviar, blinis, solianka, pirojkis, pelmienis, fut ressorti. Des mois de salaire avait été englouti pour ce grand repas. La vodka et les guitares jaillirent des placards. L'oncle Nicolas chanta toute la nuit avec mon père, comme l'avaient fait autrefois mon père et mon grand-père. Papa leur fit découvrir des chansons datant d'avant la révolution qu'il avait apprises en France de ses parents ou chez les scouts russes. Lorsque papa chanta une chanson russe traditionnelle parlant du prince Oleg et de chevaux, disant : “Le cheval galopait pour le tsar, pour la foie, la religion...” : l'oncle Nicolas, devenant un peu parano, le pria de baisser la voix afin que les voisins ne l'entendent pas. Et il couvrit la voix de son neveu en reprenant la version soviétique : “ Le cheval galopait pour le peuple, la patrie...”
C'est dans cette demeure que Gocha, le petit fils de l'oncle Nicolas, offrit la cassette illégale de Vissotski.

La seconde fois que j'entendis Vladimir Vissovski, c'était en 1992 ou 1993. C’était à l’audition d’un disque en vinyle ramené de Russie au Québec par Dora (la fille de l'oncle Nicolas et la mère de Gocha).

Puis j'en arrive à ma troisième découverte de Vissotski, à travers le disque "VOLODIA" de Yves Desrosiers : redécouverte qui m'a boulversée et qui a enchanté mon père. Ce disque est merveilleux! Yves Desrosiers, par sa voix, sa sensibilité, son intensité et son amour de l'oeuvre de Vissotski, témoigne de sa compassion pour l'âme de ce peuple dont le destin se révèle souvent rempli de souffrances.

Tout comme Yves Desrosiers s'identifie à l'âme russe en étant québécois, je me reconnais doublement dans sa « québécité» et dans sa « russité», moi qui a hérité physiquement et culturellement de ces âmes.

Il chante une chanson de Volodia titrée « Koni preverdlivye » (Chevaux accueillants) en russe de si belle façon que mon père n'en revenait tout simplement pas, lui qui parle un russe si châtié.

Son DC Volodia
Audiogram CD



Mon vieux père, Alexandre Galouchko aujourd'hui

jeudi 12 novembre 2009

Petits formats des fêtes

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Image de Annouchka Galouchko
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La maison qu'habitent deux artistes (et un troisième en puissance, âgé de onze ans) est un véritable laboratoire d'expérimentations. À la veille de trois expositions de petits formats, les surfaces de la maison se sont remplies d'éléments allant du pinceau à l'encadrement final. Que d'étapes pourtant, parfois ardues, pour parvenir à la cimaise des galeries!

Certaines des images que nous mettrons en vente ont fait des couvertures de romans ou d'essais, illustré des articles de magazines ou des livres pour les enfants. Certaines encore sont le fruit d'expériences graphiques ou ont été créées pour le pur plaisir. Ces images ont été réalisées entre les années 80 et aujourd'hui et offrent un survol original de nos parcours.

Nos fonds de tiroirs à dessins remplis de petits trésors font les frais de cette folie en trois temps. Jamais nous n'avons vendu si peu cher. Venez en profiter!

Nous avons ici plus de cent oeuvres originales, que nous présenteront dans trois lieux différents, à l'espace Ars Longa à Montréal, du 19 au 24 novembre 2009, le vernissage étant le dimanche 22 novembre 2009 de 13h à 17h, à la galerie librairie À temps perdu à Hudson, du 5 décembre 2009 à la fin janvier 2010, le vernissage étant le samedi 5 décembre 2009, et au Centre d'exposition de Repentigny, du 12 au 22 décembre 2009, le vernissage étant le 12 décembre 2009.

Les oeuvres présentées à Ars Longa et Au ainsi qu'au Centre d'exposition de Repentigny seront vendues pour le prix de $100. Les oeuvres exposées à Hudson à la galerie-librairie, À temps perdu seront vendues de $100 à $500, les formats étant plus importants, ou les images plus complexes.



































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mardi 3 novembre 2009

À chacun son bidonville



J'ai été touchée par ce texte de mon ami Jay Paul Lapointe, écrit à 4h du matin, après qu'il ait passé la journée dans un bidonville du nord de l'Inde, afin de mettre en place un programme de santé pour les jeunes enfants.

Il y a les bidonvilles matériels, où le moindre repas ou objet utile à la vie courante acquiert une grande valeur. Il y a les bidonvilles affectifs, où la moindre manifestation d’amour représente un baume rare que l’on se remémore pendant des semaines. Il y a les bidonvilles psychiques, où l’esprit est tellement identifié au monde objectif qu’il se fait balloter par le moindre changement, qui devient alors source de préoccupation et de contrariété. Ces bidonvilles sont dans le voisinage des bidonvilles spirituels, où les gens ne perçoivent aucunement leur nature profonde, non-changeante, le Soi qui illumine tout, le « JE SUIS » derrière la « personae » (mot grec pour « masque »).

Tout cela n’est ni mal ni bien. Cela EST, c’est tout. Tout n’est que processus, phase, cheminement. Chaque pèlerin pèle une à une les couches identitaires que son égo a revêtues au fil des âges. Car l’égo a bien voulu jouer le jeu de l’espace-temps. Il suffit de redécouvrir que ce n’est qu’un jeu et le tour est joué. Le tour est complété, devrais-je écrire. Car on a fait ce trajet pour finalement réaliser qu’on avait jamais vraiment quitté le « point de départ ». On a fait que mettre des masques. Il suffisait que le dernier masque tombe pour que la « personae universalis » se révèle. Et qu’une nouvelle étoile brille au je-ne-sais-quel panthéon. « L’univers est une machine à fabriquer des dieux » écrivait Bergson. Et les bidonvilles sont des mises en scène pour explorer à fond tous les recoins des possibles manifestations de la conscience sur notre plan.


Jay Paul à rejoint dans le nord de l'Inde dans l'Himalaya, l'ashram Anamay qui est une association internationale ayant pour mission de préserver et de diffuser l'héritage Védique de l'Inde.

Voici un lien qui vous amenera sur le site de l'ashram Anamay, situe a Kausani (Uttarakhand). http://vedatradition.ning.com/
Vous pouvez rejoindre Jay Paul Lapointe sur Facebook.





J'ai reçu ce texte de Jean-Paul, alors que j'écoutais une compilation de musique de l'Inde qu'il m'avait offerte pour ma fête. Le plus drôle dans l'histoire est que j'intégrais au même moment dans les quatre tableaux présentés ici, des vignettes illustrant une histoire authentique se passant en Inde.

En ce mois de novembre humide et sombre, j'étais dans mon bidonville psychique, au tout creux de la vague, me demandant encore et encore, comment on allait faire pour payer notre hypothèque.

Merci pour ce texte, Jean-Paul, qui est aussi un baume pour l'âme.