lundi 8 février 2010

La guerrière oubliée

mercredi 3 février 2010

L'ESPRIT DE L'OISEAU OU ICARE DEVIENT PHÉNIX




Stéphan et moi avons le plaisir de vous invitez à venir voir notre exposition L'ESPRIT DE L'OISEAU / ICARE DEVIENT PHÉNIX à partir du 19 février au 4 avril 2010 à la Maison de la culture de Pointe-aux-Trembles.

L’Esprit de L’Oiseau

Une exposition itinérante de Annouchka Gravel Galouchko et Stéphan Daigle

L'exposition que propose ce couple de créateurs contemporains comprendra un grand nombre de tableaux et d'illustrations sur la thématique de la quête de la liberté qui y est symbolisée par l’oiseau. Les oeuvres présentées par les deux artistes ont été créées individuellement ou en commun au cours de plus de vingt-cinq ans de carrières.

lundi 21 décembre 2009

Yves Desrosiers ou le Pont d'âme entre le Québec et la Russie


Couverture d'un disque de Vladimir Vissotski ramené de Russie en 1992

Dos du disque de Vladimir Vissotski


La première fois que j'ai entendu chanter le poète et comédien Vladimir Vissotski, c'était en 1975. Mes parents nous avaient ramené de l'URRS une cassette illégale de ses chansons enregistrées clandestinement. Je ne comprenais pas le russe mais je percevais son intensité dramatique et son authenticité. Volodia rugissait comme une bête sauvage en roulant et crachant ses rrr à poumons déployés. Pour ceux qui ne connaissent pas Vissotski, sa voix fait penser à celle de Tom Waits, l'écorché vif. Ces deux hommes expriment la bête profondément blessée.

La révolte grondait dans le coeur de Vissotski, il en était l'expression même. Tout comme le poète chansonnier, Boulat Okoudjava dont mes parents avait des disques, Volodia dénonçait dans certaines chansons, le régime soviétique. Beaucoup de gens l'adoraient, même si celui-ci n'était pas reconnu officiellement dans son pays. Malgré les interdictions, ses concerts clandestins le faisaient connaître dans la culture « underground » et de nombreuses copies de ses chansons circulaient. Le fils de la cousine germaine de mon père, Gocha (Grégory), qui était un adolescent à cette époque, offrit à mon père ce précieux présent représentant pour bien des Russes, l'âme des gens de leur pays.

Ce premier voyage en terre russe était en quelque sorte pour mon père, un devoir. Celui de réaliser le vieux rêve obsédant de son père qui était de retourner chez lui. Grand-père, à l'âge de vingt ans, choisit de se rallier à l'armée blanche pour ne pas être enrôlé de force dans l'armée rouge. Il s'engagea dans l'armée des volontaires, à la toute fin de la révolution russe, comme officier de la marine. Il vécut son exil sur un cuirassé de l'armée blanche. Died (grand-père) dû abandonner ceux qu'il aimait profondément, sa famille et sa jeune épouse (ma grand-mère Larissa qui le retrouvera au péril de sa vie plus tard en France), pour participer en Crimée à l'évacuation de milliers de civils sur des bateaux fuyant le régime bolchevique.

À Paris, où mon père est né dans les années 20, mes grands-parents rassemblés avec leurs compatriotes dans la cour de la cathédrale Alexandre Nevski, suivaient avec avidité les nouvelles de la guerre, parlant sans relâche du pays perdu et de leurs proches abandonnés à leur triste sort. Ils espéraient jusqu’à l’usure un retour en Russie. C'était pathétique! Un jour, grand-père noya au fond de la Seine et de son cœur fatigué le portrait jauni du tzar. L'eau coula encore de longues années sous les ponts de Paris. Puis, éclata la deuxième guerre mondiale avec ses ravages.

Quelques années après la guerre, mes grands-parents vinrent s'installer au Québec, encouragés par mon père qui y vivait depuis peu avec ma mère québécoise. Avec la mort de Staline, le rêve de grand-père de retrouver sa bien-aimée Russie se ralluma. Mais cette fois-ci, sans l'illusion d'une réforme, d'un rêve de démocratie pour son pays. Non, died voulait seulement être en harmonie avec sa terre natale, se fondre à sa terre mère, se coucher en son sein et l'embrasser avant de mourir. Il voulait aussi serrer ses frères dans ses bras, revoir son peuple au destin étrangement et dramatiquement répétitif, son peuple qui fut massacré durant la révolution russe et les deux guerres mondiales. Faire la paix dans son coeur avec cet insoutenable passé entaché de tant souffrances.

Grand-père était un homme cultivé. Mais à Paris pour survivre, comme bon nombre de ses compatriotes exilés, il avait fait longtemps partie de ses chauffeurs de taxis russes légendaires. À Montréal, pour survivre à nouveau, died livrait des petits gâteaux Vachon dans sa fourgonnette blanche, tout en rédigeant sa thèse de doctorat : La guerre dans les oeuvres de M.Lermontov à l'Université de Montréal où par la suite il y enseigna la langue russe. Son objet de recherche, selon ses propres termes, concernait la facette la moins illuminée de la vie et de l'oeuvre du poète. Lermontov l'intéressait comme chantre de la guerre, comme officier dont le nom figure sur la liste de quatre régiments de l'armée russe. Grand-père économisa ses sous avec peine pendant des années afin de retrouver sa Russie. Mais il mourut en terre québécoise, sans avoir pu y retourner. Ses vieux os reposent au cimetière poétique et mystique russe de Rawdon.

Ce premier voyage pour mon père en URSS était donc une réconciliation avec le passé de ses parents. Le sentiment familial face à la Russie était entaché d'une appréhension justifiée quant au régime stalinien qui envoya plus d'un membre de ma famille russe au goulag sibérien. Ce voyage, comportant certains risques pour mes parents, devait créer par la suite un pont entre le Québec et la Russie. Un pont entre nous, les enfants nés au Québec et la famille russe. Obtenir la permission pour ce voyage du consulat de l'URSS fut, en 1975, un long et difficile processus. Nicolas, l'oncle de mon père, facilita les démarches administratives.

Nous vivions à cette époque à Téhéran. Mon père, ingénieur en télécommunications, y travaillait pour une société américaine. Nous fréquentions, les quatre enfants, le lycée français Razi de Téhéran. Nous vivions avec Valia, une aide ménagère qui avait sa chambre de bonne au rez-de-chaussée. En Orient, c'était ainsi que les étrangers vivaient, que les Iraniens de classe moyenne ou plus aisée vivaient également. On s'était déjà retrouvé en Égypte, quelques années auparavant alors que nous y vivions, entourés d'une cour de domestiques. La compagnie pour laquelle mon père travaillait nous l'avait envoyée. Envahis, mes parents n'avaient pas osé mettre le cuisinier, l'homme de ménage, le repasseur et la nounou à la porte, de peur que ces gens ne se retrouvent à la rue. Ma mère avait bien du y trouver quelques avantages!

Mais revenons à Téhéran. Valia était une russophone, d'origine polonaise, parlant couramment le farci (le persan). Elle était un personnage hors norme, pour ne pas dire excentrique. Valia était une véritable cerbère, aboyant après les marchands qui sonnaient à notre porte avec l'intention de nous abuser. Elle marchandait à merveille et finalement ceux qui voulaient nous rouler se faisaient rouler par la rusée! Notre babayaga (sorcière des contes russes) portant un fichu noué à la russe sur la tête, protégeait avec jalousie et férocité, les trois splendides jeunes adolescentes que nous étions à l'époque. Valia vociférait les pires injures iraniennes (dont nous, les filles, faisions une joyeuse collection), courant parfois avec son balai après les garçons qui rôdaient autour de la maison.

Lorsque, sous Staline, son coin de pays à la frontière russe et balte fut partagé entre la Russie et la Pologne, dans le mouvement stalinien des déportations de populations, Valia fut déplacée à l'âge de 18 ans en Sibérie dans un camp. Par la suite, après d'incroyables aventures, elle se retrouva, encore jeune femme, à Téhéran où elle s'enracina définitivement. Elle avait été très belle, mais la misère l'avait édentée. Ses immenses yeux d'un bleu azur mouchetés de points dorés donnaient à son regard des reflets magnifiques d'un turquoise aquatique. Le « papaver somniferum » aidait probablement à l'effet parfois étrangement allumé de ses yeux. Notre Valia cherchait régulièrement ses provisions d'opium au bazar de Téhéran en toute légalité et sous un strict contrôle gouvernemental. Cette permission était accordée uniquement aux gens de sa génération accoutumés depuis très longtemps à ce narcotique. Sous le règne du Shah, gare aux plus jeunes qui se seraient aventurés dans ces paradis artificiels! Ils risquaient la peine de mort ou la prison à perpétuité.

Mais revenons au voyage en Russie. Mes parents, dotés d'un esprit aventurier, prirent donc le bateau à Bandar Pahlavi,(le principal port de mer de la Caspienne), jusqu'à Bakou en Azerbaïdjan, nous laissant confiants entre les mains de Valia.

Une tempête s'abattit sur les eaux iraniennes et le bateau dut se réfugier dans une baie pendant une vingtaine d'heures. Rien à manger. Mes parents envoyèrent un télégramme à la famille de Moscou, mais il n'arriva jamais. Toute la famille russe se rendit à l'aéroport de Cheremetievo au jour et à l'heure convenus pour s'en retourner finalement chez elle bredouille et perplexe.

Finalement, les retrouvailles avec la famille eurent lieu. Tant à Moscou qu'à Leningrad (Saint-Pétersbourg), elles furent extrêmement émouvantes. Les oncles Nicolas et Anatole, qui ressemblaient comme deux gouttes d'eau à mon grand-père, prirent mon père dans leurs bras. Ils eurent tous cette sensation si familière de se connaître depuis toujours.

L'appartement très modeste à Leningrad avait été entièrement repeint, la cuisine et les toilettes communautaires, partagées avec d'autres familles de l'immeuble, n'avaient jamais été aussi propres.

Le festin préparé la veille : caviar, blinis, solianka, pirojkis, pelmienis, fut ressorti. Des mois de salaire avait été englouti pour ce grand repas. La vodka et les guitares jaillirent des placards. L'oncle Nicolas chanta toute la nuit avec mon père, comme l'avaient fait autrefois mon père et mon grand-père. Papa leur fit découvrir des chansons datant d'avant la révolution qu'il avait apprises en France de ses parents ou chez les scouts russes. Lorsque papa chanta une chanson russe traditionnelle parlant du prince Oleg et de chevaux, disant : “Le cheval galopait pour le tsar, pour la foie, la religion...” : l'oncle Nicolas, devenant un peu parano, le pria de baisser la voix afin que les voisins ne l'entendent pas. Et il couvrit la voix de son neveu en reprenant la version soviétique : “ Le cheval galopait pour le peuple, la patrie...”
C'est dans cette demeure que Gocha, le petit fils de l'oncle Nicolas, offrit la cassette illégale de Vissotski.

La seconde fois que j'entendis Vladimir Vissovski, c'était en 1992 ou 1993. C’était à l’audition d’un disque en vinyle ramené de Russie au Québec par Dora (la fille de l'oncle Nicolas et la mère de Gocha).

Puis j'en arrive à ma troisième découverte de Vissotski, à travers le disque "VOLODIA" de Yves Desrosiers : redécouverte qui m'a boulversée et qui a enchanté mon père. Ce disque est merveilleux! Yves Desrosiers, par sa voix, sa sensibilité, son intensité et son amour de l'oeuvre de Vissotski, témoigne de sa compassion pour l'âme de ce peuple dont le destin se révèle souvent rempli de souffrances.

Tout comme Yves Desrosiers s'identifie à l'âme russe en étant québécois, je me reconnais doublement dans sa « québécité» et dans sa « russité», moi qui a hérité physiquement et culturellement de ces âmes.

Il chante une chanson de Volodia titrée « Koni preverdlivye » (Chevaux accueillants) en russe de si belle façon que mon père n'en revenait tout simplement pas, lui qui parle un russe si châtié.

Son DC Volodia
Audiogram CD



Mon vieux père, Alexandre Galouchko aujourd'hui

jeudi 12 novembre 2009

Formats de Noël (suite)

Image de Stéphan Daigle
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Image de Annouchka Galouchko
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Images de Stéphan
























Images de Annouchka
















Petits formats des fêtes



La maison qu'habitent deux artistes (et un troisième en puissance, âgé de onze ans) est un véritable laboratoire d'expérimentations. À la veille de trois expositions de petits formats, les surfaces de la maison se sont remplies d'éléments allant du pinceau à l'encadrement final. Que d'étapes pourtant, parfois ardues, pour parvenir à la cimaise des galeries!

Certaines des images que nous mettrons en vente ont fait des couvertures de romans ou d'essais, illustré des articles de magazines ou des livres pour les enfants. Certaines encore sont le fruit d'expériences graphiques ou ont été créées pour le pur plaisir. Ces images ont été réalisées entre les années 80 et aujourd'hui et offrent un survol original de nos parcours.

Nos fonds de tiroirs à dessins remplis de petits trésors font les frais de cette folie en trois temps. Jamais nous n'avons vendu si peu cher. Venez en profiter!

Nous avons ici plus de cent oeuvres originales, que nous présenteront dans trois lieux différents, à l'espace Ars Longa à Montréal, du 19 au 24 novembre 2009, le vernissage étant le dimanche 22 novembre 2009 de 13h à 17h, à la galerie librairie À temps perdu à Hudson, du 5 décembre 2009 à la fin janvier 2010, le vernissage étant le samedi 5 décembre 2009, et au Centre d'exposition de Repentigny, du 12 au 22 décembre 2009, le vernissage étant le 12 décembre 2009.

Les oeuvres présentées à Ars Longa et Au ainsi qu'au Centre d'exposition de Repentigny seront vendues pour le prix de $100. Les oeuvres exposées à Hudson à la galerie-librairie, À temps perdu seront vendues de $100 à $500, les formats étant plus importants, ou les images plus complexes.



































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mardi 3 novembre 2009

À chacun son bidonville



J'ai été touchée par ce texte de mon ami Jay Paul Lapointe, écrit à 4h du matin, après qu'il ait passé la journée dans un bidonville du nord de l'Inde, afin de mettre en place un programme de santé pour les jeunes enfants.

Il y a les bidonvilles matériels, où le moindre repas ou objet utile à la vie courante acquiert une grande valeur. Il y a les bidonvilles affectifs, où la moindre manifestation d’amour représente un baume rare que l’on se remémore pendant des semaines. Il y a les bidonvilles psychiques, où l’esprit est tellement identifié au monde objectif qu’il se fait balloter par le moindre changement, qui devient alors source de préoccupation et de contrariété. Ces bidonvilles sont dans le voisinage des bidonvilles spirituels, où les gens ne perçoivent aucunement leur nature profonde, non-changeante, le Soi qui illumine tout, le « JE SUIS » derrière la « personae » (mot grec pour « masque »).

Tout cela n’est ni mal ni bien. Cela EST, c’est tout. Tout n’est que processus, phase, cheminement. Chaque pèlerin pèle une à une les couches identitaires que son égo a revêtues au fil des âges. Car l’égo a bien voulu jouer le jeu de l’espace-temps. Il suffit de redécouvrir que ce n’est qu’un jeu et le tour est joué. Le tour est complété, devrais-je écrire. Car on a fait ce trajet pour finalement réaliser qu’on avait jamais vraiment quitté le « point de départ ». On a fait que mettre des masques. Il suffisait que le dernier masque tombe pour que la « personae universalis » se révèle. Et qu’une nouvelle étoile brille au je-ne-sais-quel panthéon. « L’univers est une machine à fabriquer des dieux » écrivait Bergson. Et les bidonvilles sont des mises en scène pour explorer à fond tous les recoins des possibles manifestations de la conscience sur notre plan.


Jay Paul à rejoint dans le nord de l'Inde dans l'Himalaya, l'ashram Anamay qui est une association internationale ayant pour mission de préserver et de diffuser l'héritage Védique de l'Inde.

Voici un lien qui vous amenera sur le site de l'ashram Anamay, situe a Kausani (Uttarakhand). http://vedatradition.ning.com/
Vous pouvez rejoindre Jay Paul Lapointe sur Facebook.





J'ai reçu ce texte de Jean-Paul, alors que j'écoutais une compilation de musique de l'Inde qu'il m'avait offerte pour ma fête. Le plus drôle dans l'histoire est que j'intégrais au même moment dans les quatre tableaux présentés ici, des vignettes illustrant une histoire authentique se passant en Inde.

En ce mois de novembre humide et sombre, j'étais dans mon bidonville psychique, au tout creux de la vague, me demandant encore et encore, comment on allait faire pour payer notre hypothèque.

Merci pour ce texte, Jean-Paul, qui est aussi un baume pour l'âme.

jeudi 15 octobre 2009

Ateliers pour les enfants au Musée de la Gaspésie sur le thème de l'exposition Les oiseaux

Pour faire le portrait d'un oiseau

Peindre d'abord une cage

avec une porte ouverte

peindre ensuite

quelque chose de joli

quelque chose de simple

quelque chose de beau

quelque chose d'utile

pour l'oiseau

placer ensuite la toile contre un arbre

dans un jardin

dans un bois
ou dans une forêt

se cacher derrière l'arbre

sans rien dire

sans bouger...

Parfois l'oiseau arrive vite

mais il peut aussi mettre de longues années

avant de se décider

Ne pas se décourager

attendre

attendre s'il le faut pendant des années

la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau

n'ayant aucun rapport

avec la réussite du tableau

Quand l'oiseau arrive

s'il arrive

observer le plus profond silence

attendre que l'oiseau entre dans la cage

et quand il est entré

fermer doucement la porte avec le pinceau

puis 
effacer un à un tous les barreaux

en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau

Faire ensuite le portrait de l'arbre

en choisissant la plus belle de ses branches

pour l'oiseau

peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent

la poussière du soleil

et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été

et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter

Si l'oiseau ne chante pas

C'est mauvais signe

signe que le tableau est mauvais

mais s'il chante c'est bon signe

signe que vous pouvez signer

Alors vous arrachez tout doucment

une des plumes de l'oiseau

et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques Prévert












Émilie Devoe, responsable des animations et des communications au Musée et Sacha Galouchko Daigle






Emma


Annouchka